Le secret de Kimi ? La tendresse

On ne l'avait jamais vu aussi heureux ni expressif. Debout sur sa McLaren-Mercedes, s'aspergeant lui-même de champagne avant de sauter dans les bras de tout le monde, Iceman a pour une fois quelque peu brisé la glace dans laquelle il est fondu après le 4e succès de sa carrière, le 2e en moins de quinze jours, mais surtout le plus prestigieux.

O. d.W.

MONACO On ne l'avait jamais vu aussi heureux ni expressif. Debout sur sa McLaren-Mercedes, s'aspergeant lui-même de champagne avant de sauter dans les bras de tout le monde, Iceman a pour une fois quelque peu brisé la glace dans laquelle il est fondu après le 4e succès de sa carrière, le 2e en moins de quinze jours, mais surtout le plus prestigieux. «Gagner à Monaco c'est vraiment quelque chose de spécial», avouait-il après avoir succédé à son compatriote Hakkinen, lauréat ici voici déjà sept ans. «Dommage que cela ne vaut que dix points comme les autres. Enfin, grâce aux deux pilotes Williams que je tiens à remercier, je reprends 5 unités au leader du championnat Alonso. Il m'en reste certes 22 de retard. C'est beaucoup mais la saison est encore longue. La vraie bagarre pour le titre peut enfin commencer. Je suis confiant. Je viens de signer trois poles consécutives et sans un souci de cardan à Imola, j'aurais transformé les trois essais de suite. Notre McLaren-Mercedes est désormais à la fois rapide et fiable. Et je ne vois aucune raison pour que ce ne soit pas le cas ailleurs. Surtout au Nürburgring, dans une semaine, où je tenterai de poursuivre ma série victorieuse.»

Le secret de ce retour au sommet et en particulier du triomphe monégasque? Une monoplace parfaitement équilibrée, un châssis usant beaucoup moins ses gommes que ses concurrents. Au point qu'après les trois premières courses extra-européennes, Ron Dennis a demandé à Michelin de lui fournir des gommes plus tendres. De quoi l'aider dans l'exercice du tour lancé où le Finlandais excelle. «Nous étions les seuls ici à utiliser les gommes les plus tendres. Et elles ont mieux tenu la distance que les versions plus dures de Renault.»

Il faut dire que le Nordique au pilotage fort coulé n'a vraiment tapé dans ses pneus que durant une petite vingtaine de boucles. «J'ai eu peur de tout perdre lors de l'intervention de la safety car. » Toujours est-il qu'après le champagne, la vodka risquait de couler à flots à Monaco.

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