Raikkonen, prince de Monaco

Absents lors de la remise des trophées, leur deuil se prolongeant jusqu'au 6 juillet, Caroline et Albert de Monaco assistèrent cependant à la minute de silence respectée dix minutes avant le départ de ce 63e GP de Monaco en hommage à leur père Rainier III.

Raikkonen, prince de Monaco
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O. d.W.

ENVOYÉ SPÉCIAL EN PRINCIPAUTÉ OLIVIER DE WILDE

MONACO Absents lors de la remise des trophées, leur deuil se prolongeant jusqu'au 6 juillet, Caroline et Albert de Monaco assistèrent cependant à la minute de silence respectée dix minutes avant le départ de ce 63e GP de Monaco en hommage à leur père Rainier III. Un moment émouvant avec les 19 pilotes (Jenson Button, en jeans, s'était joint à ses 18 collègues) Max Mosley et Bernie Ecclestone réunis devant la loge princière face à un parterre de stars de tous horizons: de Zinedine Zidane à Diego Maradona, en passant par Richard Virenque, Naomi Campbell, George Lucas et ses impressionnants personnages de Star Wars, Dark Vador et l'immense singe Chewbacca. Et, dans le paddock comme dans les appartements, il y avait du monde aux balcons avec de nombreuses créatures de rêve parmi les 33.000 spectateurs privilégiés de ce GP pour VIP affichant complet.

Un public qui allait en avoir pour son argent. Car après un départ très sage seulement manqué par leAustralien Webber perdant deux places au profit des Italiens Fisichella et Trulli et un premier quart d'épreuve assez ennuyant avec un train-train typiquement monégasque, le Hollandais Albers créa la première véritable sensation au 24e tour en mettant sa Minardi en travers de la route à Mirabeau. Un incident coûtant sa course à Coulthard. Premier arrêté sur les lieux, l'Ecossais se fit percuter par la Ferrari de Michael Schumacher y laissant son museau (sans cela, il aurait pu finir au pied du podium), les monoplaces immobilisées créant vite un mini embouteillage. Et une certaine confusion avec la voiture de sécurité qui prenait la piste au moment où celle-ci était dégagée. Trop tard pour le leader Kimi Raikkonen loupant pour quelques secondes l'entrée de la pitlane dans laquelle s'engouffrèrent immédiatement les Renault (Fisichella perdit définitivement le contact avec son équipier en devant attendre derrière lui pour être servi à la pompe) et les Williams. Comme lui, on put craindre un instant que le Finlandais perde ainsi une 4e victoire cent fois méritée. Mais il n'en fut rien, le Nordique et sa McLaren-Mercedes se montrant nettement au-dessus du lot. Et n'ayant plus qu'à gérer une confortable avance après un arrêt unique effectué peu après la mi-course.

Un succès d'autant plus facile que son principal rival, à Monaco et au championnat, a pour la première fois souffert. Avec des gommes arrière à l'agonie, le pilote Renault ne put résister en fin de parcours au retour des Williams-BMW de Nick Heidfeld et Mark Webber, échangeant leurs positions lors de leur 2e pit-stop, et signant le meilleur résultat de leur carrière au prix de freinages audacieux à la sortie du tunnel pour doubler un Espagnol vendant chèrement sa peau sur un tourniquet où dépasser relève quasi de la mission impossible.

Et derrière, huit fous furieux en lutte pour la 5e place comme si l'on était encore dans le premier tour nous offrirent quelques superbes passes d'armes (les attaques loupées de Villeneuve et Trulli entraînèrent Massa et Fisichella hors des points). Et nous tinrent en haleine jusqu'au drapeau à damiers, Montoya devançant finalement les frères Schumacher (avec Ralf devant Michael) et un Barrichello pénalisé pour vitesse excessive dans les stands avant de succomber dans le dernier tour à la vraie attaque de son équipier. Tous ceux-là revenaient de très loin. Et nous firent presque oublier l'insolent cavalier seul en tête du poleman Kimi Raikkonen, beau vainqueur du plus scintillant des Grands Prix.

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