Un nouvel essai pour «Schumi»

Peu compréhensible et peu suivie par les téléspectateurs, pas franchement idéale pour la presse quotidienne, la formule très compliquée de qualification utilisée depuis le début de saison avec addition des deux séances (l'une le samedi à vide et l'autre le dimanche avec l'essence pour le début de course) pour l'obtention de la grille n'aura pas tenu plus de six Grands Prix.

Un nouvel essai pour «Schumi»
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Olivier de Wilde

Peu compréhensible et peu suivie par les téléspectateurs, pas franchement idéale pour la presse quotidienne, la formule très compliquée de qualification utilisée depuis le début de saison avec addition des deux séances (l'une le samedi à vide et l'autre le dimanche avec l'essence pour le début de course) pour l'obtention de la grille n'aura pas tenu plus de six Grands Prix. «Il s'agissait d'une mauvaise idée de Bernie Ecclestone», a déclaré, à Barcelone, le président de la FIA Max Mosley, qui a réussi à obtenir l'unanimité des teams pour prendre une mesure d'urgence et changer, dès ce samedi, le système des essais qualificatifs. On en revient finalement, grosso modo, à la formule utilisée l'an dernier. En plus simplifié et court encore puisque, par rapport à 2004, le tour de préqualification uniquement destiné à déterminer l'ordre de passage pour la «qualif» a été supprimé. En résumé, tout se jouera donc sur un seul tour lancé, avec l'essence embarquée et les pneus pour le début de Grand Prix.

«On ne pourra à nouveau plus juger la hiérarchie des monoplaces en performances pures et battre des records,» regrette le leader du championnat Fernando Alonso. «Il est clair que cela désavantagera les Renault, très rapides sur un tour avec peu d'essence et nos gommes Michelin. Mais bon, tout le monde était visiblement d'accord qu'il fallait modifier quelque chose. Cela risque également de handicaper doublement le concurrent victime d'un abandon car il devra s'élancer parmi les premiers lors de la qualification du GP suivant.»

Des Ferrari plus légères

Reléguées en milieu de grille depuis le début de saison en raison de pneumatiques Bridgestone ne montant pas assez vite en température, trop durs sans doute pour l'exercice du tour lancé, les Ferrari pourraient désormais mieux se tirer d'affaire aux essais. Comment? En jouant sur la quantité d'essence embarquée. Plus légères, les F 2005 pourraient mieux se qualifier et mieux démarrer la course. Interrogé sur le sujet, Michael Schumacher a reconnu de bonne foi: «Bien sûr que le nouveau système nous pénalisera moins. Au lieu de perdre deux fois du temps, on n'en perdra déjà plus qu'une fois. Depuis le début de saison, nous étions toujours moins loin lors de la séance du dimanche, avec le réservoir quasi plein, que durant celle du samedi. On pourra, de surcroît, se focaliser sur les réglages en conditions de course. Et puis, nous pourrons compenser par la tactique, en jouant sur le carburant.»

Si les Bridgestone se révèlent aussi rapides en course et aussi endurants qu'en Principauté ou à Imola, la Scuderia pourrait faire le pari ici de partir plus léger, quitte à s'arrêter une fois de plus que ses concurrents. Même si la stratégie n'est pas gagnante, cela rassurerait tout le monde de revoir du rouge sur les devants de la scène. Avec 37 points de retard au championnat, Michael Schumacher, qui évolue devant son public, n'a plus rien à perdre...

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