Le bol d'or à Fernando Alonso

On dit généralement que la chance sourit aux audacieux. Et Fernando Alonso en est assurément un. On a pu constater les saisons dernières avec Michael Schumacher que la fortune était souvent aussi dans le camp du champion. Et le pilote Renault est en train d'en devenir un sacré. L'Espagnol l'a encore prouvé, ce dimanche sur le Ring, en mettant - indirectement - son principal rival K-O au dernier round pour remporter son 4e combat de l'année en sept participations.

Le bol d'or à Fernando Alonso
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ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNE OLIVIER DE WILDE

On dit généralement que la chance sourit aux audacieux. Et Fernando Alonso en est assurément un. On a pu constater les saisons dernières avec Michael Schumacher que la fortune était souvent aussi dans le camp du champion. Et le pilote Renault est en train d'en devenir un sacré. L'Espagnol l'a encore prouvé, ce dimanche sur le Ring, en mettant - indirectement - son principal rival K-O au dernier round pour remporter son 4e combat de l'année en sept participations. Et pourtant, cette fois, Fernando n'était clairement pas le plus fort.

S'il n'était pas né sous une bonne étoile, il n'aurait d'ailleurs jamais dû gagner in extremis ce Grand Prix d'Europe, 7e manche d'un Mondial tournant de plus en plus mal pour ses rivaux. Avec un peu moins de veine, il n'aurait d'ailleurs pas été plus loin que le premier virage.

Après un premier départ avorté en raison de son équipier Fisichella sur lequel semble s'acharner le mauvais sort, le freinage au bout de la ligne droite fut pour le moins agité en raison d'un accrochage que nous classerons dans les simples faits de course entre Montoya et Webber. Touché à l'arrière gauche par son ami Ralf Schumacher, obligé de contrebraquer pour éviter la Williams en dérive de l'Australien, le pilote d'Oviedo eut d'emblée beaucoup de bol de se sortir indemne d'une pagaille dans laquelle les Ferrari et le Colombien perdirent d'emblée pas mal de temps.

Sixième en qualification, cinquième à l'issue du premier tour, Alonso vit ensuite deux des concurrents le précédant (Trulli et Coulthard) contraints de repasser par la pitlane pour purger une peine. Dommage... Sur une stratégie à deux arrêts alors que l'on devinait depuis sa première pole de la veille que Nick Heidfeld roulait léger et devrait donc s'arrêter une fois de plus, Alonso passa donc logiquement 2e à la faveur des ravitaillements.

Mais sans les ennuis du Finlandais, jamais il ne serait allé rechercher une victoire inespérée. Après 18 tours, au moment de son premier arrêt, Kimi Raikkonen possédait plus de vingt secondes d'avance sur la R 25 du futur vainqueur. «J'ai eu beaucoup de chance au départ, c'est vrai», avouait un Caras hilare après avoir pris une belle option sur le titre mondial. «J'ai été tapé à l'arrière par Ralf Schumacher. Encore lui! Je pensais que j'avais peut-être quelque chose de cassé et donc j'ai roulé relativement prudemment jusqu'à mon premier pit-stop au 23e tour. En repartant, j'ai commencé à tourner dans les mêmes chronos que le leader alors que j'étais pourtant un peu plus lourd que lui. A l'inverse de Monaco, je pense que cette fois nous avons opté pour le meilleur choix dans la gamme Michelin et cela nous a aidés. Au fil des tours, le comportement de l'auto s'améliorait. A mi-course, elle était parfaite mais je pensais me contenter de la 2 e place. Puis, Kimi a commis une ou deux erreurs. Il connaissait visiblement des problèmes et le team m'a dit de pousser un maximum pour lui mettre la pression.»

En alignant les meilleurs tours en course, le petit Espagnol ne put toutefois éviter lui aussi une erreur au freinage de l'épingle. Mais une fois encore, il s'en sortit sans mal. «J'ai bloqué une roue au freinage. J'ai traversé le bac avant de reprendre ma remontée.» Puis, à l'entame du dernier tour, alors qu'il était revenu à une seconde et demi du leader, le Matador vit la Flèche d'Argent se briser en plein vol juste devant lui: «Ma première pensée fut d'éviter les débris. Puis j'ai fini au ralenti. C'est fantastique de l'emporter dans le dernier tour. On ne pouvait pas mieux réagir après Monaco.»

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