Kimi Raikkonen croit encore au titre

Kimi Raikkonen n'est pas du genre à se poser de questions. Ni à se prendre la tête. Des regrets, «Iceman» n'en éprouve pas plus après son malheureux échec du Ring que des sentiments d'euphorie après ses succès de Barcelone et Monaco. «Si c'était à refaire, je prendrais la même décision», confirma le Finlandais dès son arrivée au Canada.

OLIVIER DE WILDE

ENVOYÉ SPÉCIAL À MONTRÉAL

Kimi Raikkonen n'est pas du genre à se poser de questions. Ni à se prendre la tête. Des regrets, «Iceman» n'en éprouve pas plus après son malheureux échec du Ring que des sentiments d'euphorie après ses succès de Barcelone et Monaco. «Si c'était à refaire, je prendrais la même décision», confirma le Finlandais dès son arrivée au Canada. Et tandis que Rubens Barrichello, plus optimiste que son équipier quant à ses chances de succès dimanche, déclarait que lui se serait arrêté pour changer de roue et assurer 8 unités, le pilote McLaren-Mercedes n'en démordait pas: «Mon objectif est de reprendre des points à Alonso, pas d'en perdre. Or l'Espagnol était juste derrière. J'ai pris un risque. J'ai joué et j'ai perdu. Mais à un tour près, ce serait passé et vous m'auriez traité de héros, pas de fou.»

L'écurie n'a-t-elle pas joué avec la vie du Nordique en le laissant en piste? «C'est moi qui suis derrière le volant et évalue le danger. On ne m'a pas obligé à rester en piste. C'était ma décision.»

Et il prendrait encore la même demain sur le circuit Gilles Villeneuve ou à Indianapolis même si les dégagements sont nettement moins importants que dans l'Eifel: «Je ne pensais pas à l'accident, mais à la victoire. Et j'en ferai de même ici au Canada sur un circuit comparable à Imola où nous étions devant avant de casser. Mon seul handicap sera de devoir m'élancer parmi les premiers lors de la qualification suite à mon abandon au GP d'Europe. Dès lors, sur une piste fort sale gagnant en adhérence au fil des passages, ce sera dur pour la pole.»

Avec trente-deux points désormais d'écart pour 120 encore à distribuer, les chances de voir Raikkonen renverser la vapeur et revenir sur le leader du Mondial sont de plus en plus minces: «Me revoilà dans la position d'après Imola», analyse le successeur de Mika Hakkinen. Un pas en avant, deux en arrière... «Sauf que trois courses sont passées. J'y crois toujours. De toute façon, je me battrai à chaque fois pour la victoire, sans compter. Mais je sais calculer comme vous. Si je gagne les 12 prochains GP, Fernando peut déjà se contenter de terminer à chaque fois juste derrière moi. Il ne doit déjà plus nécessairement gagner pour être champion. Je dois donc compter sur les autres, les faits de course, des abandons de mes rivaux, car le système de points actuels ne favorise pas les grandes remontées.»

Flavio Briatore en est bien conscient. Fernando Alonso aussi même si le «Matador» n'est pas un épicier: «J'aime ce GP, son circuit et son atmosphère», confie le pilote d'Oviedo. «Renault a toujours été compétitif ici. L'an dernier, j'étais le seul à savoir suivre la Ferrari de Michael avant de connaître une défaillance mécanique. Même si McLaren a actuellement une longueur d'avance sur nous se chiffrant à 3 ou 4 dixièmes au tour, je vais essayer.»

Barrichello très optimiste

Lauréat à sept reprises de l'une des courses généralement les plus mouvementées et les plus intéressantes de l'année, Schumi n'ose, lui, plus trop émettre de pronostic. Sans doute qu'un podium, son 2e seulement cette saison, lui suffirait. Son équipier brésilien se montre plus optimiste: «Nous n'avons pas encore la meilleure monoplace, mais nos pneus sont les plus performants en course. Avec une bonne qualification, une bonne stratégie et un peu de chance, on peut réaliser le doublé.»

Mais pour cela il faudra cette fois éviter le traditionnel accrochage du premier freinage. Lors des six dernières éditions, l'envol a en effet mal tourné à quatre reprises au Canada. Et en partant systématiquement en milieu du peloton, on multiplie évidemment les risques d'accrocs. Un paramètre que Michael Schumacher, 63 fois en pole, n'est pas habitué à devoir gérer.

© Les Sports 2005