Raikkonen: contrebreak!

Le Finlandais Kimi Raikkonen a remporté dimanche le Grand Prix du Canada de Formule 1, devant les deux Ferrari de Michael Schumacher et Rubens Barrichello, au terme d'une course à rebondissements qui a été fatale à Renault, dont les deux pilotes ont abandonné. Raikkonen, déjà victime d'une casse mécanique quinze jours plus tôt dans le dernier tour du GP d'Europe qu'il devait remporter, a craint de nouveau à Montréal que sa monoplace ne le trahisse.

Raikkonen: contrebreak!
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O. d.W.

ENVOYÉ SPÉCIAL AU CANADA OLIVIER DE WILDE

Il ne restait plus une place de libre dans les tribunes du circuit Gilles Villeneuve, hier, au moment du départ du Grand Prix du Canada, 8e manche du Championnat du Monde de Formule 1.

Sous une chaleur humide particulièrement accablante (32°), on s'attendait à voir Jenson Button, auteur de la 2e pole de sa carrière sur une BAR-Honda quelque peu réhabilitée, et la Ferrari de Michael Schumacher, à ses côtés en première ligne, dominer le début de course. Mais malgré des monoplaces nettement plus légères (sur une stratégie à 3 arrêts les deux hommes s'arrêtèrent très tôt), ils se faisaient tous deux surprendre dès l'extinction des feux rouges par des Renault décollant telles des fusées depuis la 2e ligne pour virer en tête, Fisichella débordant son équipier Alonso.

La BAR vite larguée, Schumi trop prudent au premier virage et passé par les deux McLaren-Mercedes: on pensait dès lors la messe déjà dite, les deux R 25 roulant en formation avec, dans le dos, deux Flèches d'Argent ne parvenant pas à se rapprocher suffisamment de leurs cibles. Restait à connaître l'ordre (intimé ou pas) entre les deux équipiers. Fisichella allait-il être autorisé à rester devant ?

On ne le saura jamais. Alors qu'il semblait avoir fait la différence grâce à un ravitaillement plus long d'Alonso -en outre honteusement gêné par Klien-, Fisichella était à nouveau frappé par la malchance. Peu avant la mi-course, l'Italien rentrait définitivement au stand avec des ennuis de boîte de vitesses. Quelle poisse !

Et le rêve allait véritablement tourner au cauchemar pour Flavio Briatore. Six tours plus tard, sous la pression d'un Montoya furieux d'avoir perdu le contrôle de sa monoplace et la première place en réaccélérant trop vite à la sortie des stands, Fernando Alonso commettait sa première grosse faute de l'année en tapant le mur. Suspension endommagée, le prodige espagnol enregistrait son premier zéro pointé de la saison.

L'occasion rêvée pour McLaren de signer le doublé et pour Montoya de faire oublier un décevant début de saison. Mais le Colombien allait être trahi par son équipe (évoquant des problèmes de communication radio...) qui fit rentrer Raikkonen en premier, au moment même où l'épreuve était neutralisée derrière la safety car pour dégager la BAR de Button, explosée dans un mur. Fou de rage, le bouillant Juan Pablo ruinait définitivement sa course en grillant le feu rouge à la sortie des stands, puis en doublant une Red Bull sous safety car pour tenter de regagner sa place, ce qui lui valut l'exclusion au drapeau noir.

Revenu dans le sillage de la McLaren de Kimi Raikkonen grâce à l'intervention de la... Mercedes de sécurité, un Michael Schumacher très déterminé entretint encore le suspense jusqu'au drapeau à damiers, la Ferrari n'échouant finalement qu'à une seconde au terme d'un GP à rebondissements où Rubens Barrichello, parti des stands après un bris de boîte de vitesses, profitait du retrait de Trulli (freins) à huit tours de l'arrivée et d'une incroyable hécatombe pour compléter le podium.

Un résultat relançant fortement l'intérêt d'un championnat (avec le Finlandais revenu à 22 points d'Alonso et McLaren à 13 de Renault) dont on vivra le prochain épisode, dans une semaine, à Indianapolis.

© La Libre Belgique 2005