Des têtes doivent tomber!

Ridiculisés en termes de performances par Michelin depuis le début de la saison, Jean Todt, Ferrari et Bridgestone ont pris une revanche historique à marquer malheureusement d'une pierre noire -comme les pneus de Bibendum- dans l'histoire de la F 1.

Des têtes doivent tomber!
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O.d.W.

Ridiculisés en termes de performances par Michelin depuis le début de la saison, Jean Todt, Ferrari et Bridgestone ont pris une revanche historique à marquer malheureusement d'une pierre noire -comme les pneus de Bibendum- dans l'histoire de la F 1. Cette fois, le manufacturier français est allé un peu trop loin dans sa recherche de la performance. Et il l'a payé cher, très cher. Une erreur énorme sur laquelle pourraient bien sauter quelques têtes.

Sur place, Pierre Dupasquier, le directeur sportif de la marque, a tout tenté pour sauver la face. A moins de deux heures du départ, il avait réussi à convaincre les deux plus petites écuries, Minardi et Jordan, chaussés en Bridgestone, d'accepter de placer une chicane à l'entrée du banking, ce fameux virage incliné détruisant leurs gommes soumises à trop forte pression. Ainsi, les pilotes Michelin auraient pu disputer le GP en toute sécurité, par respect pour les spectateurs et téléspectateurs (TF 1 renonça dans ces conditions à la retransmission de la course), tout en acceptant de ne marquer aucun point.

Une autre solution eut été d'utiliser les gommes rapatriées d'urgence depuis Clermont- Ferrand. «Des pneus testés à Barcelone et dont nous sommes convaincus de l'efficacité sur cette piste!», indiquait-on chez Michelin. Mais alors pourquoi ne pas avoir opté directement pour ce type de pneus? Des compromis que la FIA refusa catégoriquement.

Il aurait pu en être autrement si Ferrari, proche du pouvoir, s'était ralliée à la majorité. Mais il n'en fut rien, Jean Todt n'assistant à aucune des réunions de crise. «Ce n'est pas mon problème!», annonça-t-il laconiquement. Mis à mal depuis le début de la saison par Michelin osant titrer dans son communiqué qu'il jouait la carte de la sécurité (traduction dans le langage publicitaire, pour être en sécurité avec vos Michelin, laissez votre voiture dans le garage), Napoléon a logiquement refusé de faire le moindre cadeau à ses rivaux, préférant les ridiculiser à son tour.

Car même hors-concours, les monoplaces de leurs rivales auraient pu leur mettre des bâtons dans les roues. Et éventuellement provoquer des accrochages. Ferrari a donc préféré se battre contre 2 Jordan et 2 Minardi, quitte à nuire à l'image de la F 1 autant qu'à celle de Michelin qui mettra du temps à se remettre d'un aussi sale coup. Car entre un pneu un peu moins performant mais très résistant et un autre qui risque d'exploser, vous choisiriez lequel vous? Tout cela à moins de deux semaines du Grand Prix de France. Heureusement qu'il n'y a pas de virage relevé à Magny-Cours...

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