Schumi crache sur la F 1

Plus que jamais sans doute, la victoire dans ce Grand Prix de Monaco s'est jouée samedi dans l'ultime minute de la séance qualificative. Une nouvelle affaire Schumi déclenchant un véritable tsunami dans le port de Monaco où le rouge Ferrari devint celui de la honte.

O.d.W.

Plus que jamais sans doute, la victoire dans ce Grand Prix de Monaco s'est jouée samedi dans l'ultime minute de la séance qualificative. Une nouvelle affaire Schumi déclenchant un véritable tsunami dans le port de Monaco où le rouge Ferrari devint celui de la honte.

Un scandale digne de l'Autriche 2002 dont l'Allemand, sifflé et hué pour la deuxième fois en Principauté par des tifosi le traitant de bouffon, a cette fois été jugé seul responsable.

Rappelons rapidement les faits: alors qu'il occupe encore provisoirement la pole, le Kaiser se lance dans une ultime tentative pour améliorer son chrono. Plus rapide lors du premier partiel, il ne parvient pas à améliorer dans le deuxième secteur avant de commettre une plus que suspecte triple faute au moment de virer à la Rascasse où il allume d'abord un pneu en freinant beaucoup trop fort, ne parvient pas à contrôler sa monoplace à 40 km/h et vient s'immobiliser doucement contre le mur de pneus, en prenant soin de ne pas faire une griffe à sa belle Ferrari.

Alonso coupé dans son élan

Pire encore, en essayant d'enclencher la marche arrière, le septuple champion du monde cale son moteur comme un débutant. Et ne pense pas à lever son pied du frein pour profiter de la pente pour se laisser aller en marche arrière dans l'échappatoire.

Ben voyons... Du coup, Fernando Alonso, plus rapide de trois dixièmes à l'issue de son deuxième secteur et bien parti pour signer le meilleur temps, est coupé dans son élan. Idem pour Kimi Raikkonen et les autres arrivant derrière et obligés de lever le pied en voyant les drapeaux jaunes agités. Un peu gros à avaler...

Généralement indulgents dès qu'il s'agit de Ferrari, les commissaires sportifs ne furent en tout cas pas plus dupes que la grande majorité des suiveurs. L'offense faite à la F 1 ne restait pas impunie.

«Par ce geste pitoyable, Michael Schumacher a fait insulte à la F 1, à tous ceux qui aiment ce sport qui l'a rendu si riche et si célèbre. Dommage qu'il ne respecte pas plus le public que ses adversaires,» déclarait un Flavio Briatore fou furieux. Et premier à porter plainte contre l'homme avec lequel il fut sacré à deux reprises en 1994 et 1995.

Dernière ligne historique

Avec un passé loin de plaider en sa faveur, pas question cette fois de laisser le bénéfice du doute à un champion capable du meilleur comme du pire. Et après avoir entendu les différentes parties, analysé les images et surtout la télémétrie, les officiels de la FIA, un peu pressés il est vrai par l'opinion publique, ne se dégonflèrent pas au moment de rendre leur verdict:

«On a pu voir sur les données que Michael a freiné à cet endroit d'une manière inhabituelle, en exerçant une pression excessive sans raison apparente dans le but délibéré de bloquer une roue et d'immobiliser sa monoplace dans la trajectoire à un moment crucial de la qualification.»

Pour avoir voulu aux yeux de beaucoup et sous le regard du monde entier jouer au plus malin en bloquant ses petits camarades de manière très antisportive, Schumi fut donc puni et renvoyé en fond de grille suite à l'annulation de tous ses chronos.

De quoi ruiner sa course sans l'exclure par respect sans doute pour les milliers de tifosi passant la nuit sur le Rocher pour voir courir deux voitures rouges (Massa fut le premier éliminé des essais en se crachant au casino. Et pour le Brésilien ce n'était pas du cinéma!), s'élançant pour la première fois de l'histoire à Monaco en dernière ligne.

© Les Sports 2006