Ferrari et Schumi sans tirs au but

Une semaine après la défaite de la France en finale de la Coupe du Monde de football, les Bleus de Renault chaussés chez Bibendum ont enregistré une autre sévère défaite mondiale ce week-end, sur leur terrain surchauffé (37 degrés dans l'air et 56 au sol en fin de course) de Magny-Cours.

O.d.W
Ferrari et Schumi sans tirs au but
©AP

Une semaine après la défaite de la France en finale de la Coupe du Monde de football, les Bleus de Renault chaussés chez Bibendum ont enregistré une autre sévère défaite mondiale ce week-end, sur leur terrain surchauffé (37 degrés dans l'air et 56 au sol en fin de course) de Magny-Cours. Car même si la lutte pour le titre mondial oppose cette année l'Espagnol Fernando Alonso à l'Allemand Michael Schumacher, ce 11e rendez-vous de la saison de F1 était placé sous le signe d'une revanche entre les équipes d'Italie et de France. Un match au sommet entre la Scuderia et la marque au losange remporté haut la main par Schumi et ses tifosi, l'Allemand, pour la 150e fois sur le podium, portant hier son record de victoires à 88, la quatrième cette saison et la 2e en quinze jours après Indianapolis. Cette fois, il n'y a pas eu besoin de tirs au but pour départager les deux teams, le Baron Rouge se permettant même de lever le pied, puis la main bien avant l'arrivée histoire de prouver qu'il gérait parfaitement la situation. En pole pour la 68e fois de sa carrière samedi, le Kaiser a pourtant eu chaud... samedi matin en voyant le capot arrière de sa monoplace prendre feu lors d'un arrêt au milieu de la dernière séance libre.

"Un incident plutôt inhabituel ," confessait le septuple champion du monde. "Même si le début d'incendie a vite été maîtrisé, il y avait pas mal d'éléments à changer ou à vérifier et durant deux heures j'ai quelque peu stressé en me demandant si je pourrais participer à la qualification. Heureusement, j'ai une superéquipe et à 14h ma voiture était prête à aller chercher la pole."

Pour intimider sans doute un rival venu le défier au bout de la pitlane au début du quart d'heure décisif, Schumi gratifia alors ses supporters d'une attaque réussie sur Alonso au freinage de l'épingle d'Adélaïde. L'Espagnol tenta de répliquer deux virages plus loin, en vain. "Cela devrait rapporter des points," se marrait l'Allemand. Dommage en tout cas que cette chaude passe d'armes ne se répéta pas le lendemain lors d'un Grand Prix du centenaire relativement ennuyant. "J'ai pris un bon départ et de là j'ai fait ma course sans jamais être inquiété," souriait le héros du jour après avoir agité le drapeau italien dans le parc fermé pour narguer un peu plus les 6.000 employés de Renault assis dans la tribune principale tapissée d'un gigantesque drapeau bleu-blanc-rouge. Puis, après son traditionnel saut de cabri, Michael leva bien haut son trophée en forme de huit. Comme si l'organisateur nivernais avait prévu qu'il serait le premier pilote à remporter 8 fois le même Grand Prix. "Ma seule incertitude concernait la tenue de mes pneumatiques sur la durée d'un relais, nos essais de samedi ayant été écourtés. Mais Bridgestone a effectué un travail fantastique et je n'ai pas connu le moindre souci de ce côté-là."

De quoi envisager la suite de la tournée estivale avec optimisme même si deux points de repris sur dix-neuf, ce n'est pas suffisant dans l'optique de la quête d'un 8e titre :

"Il est évident que je regrette que Felipe (Massa) n'ait pu conserver sa 2e place, " reconnaissait le pilote Ferrari. "Mais l'important est que nous ayons confirmé aujourd'hui que notre Ferrari et Bridgestone ont pris l'ascendant dans les chaudes conditions sur Renault et Michelin. À Indianapolis, notre insolente domination était anormale. Le résultat de dimanche reflète plus la réalité. L'écart est, certes, moindre mais sur un tour comme sur 70 nous sommes devant. Vivement Hockenheim, dans deux semaines !"

Un chaudron allemand où l'aîné des Schumacher devrait retrouver de fortes chaleurs et son public auquel il pourrait annoncer que tant qu'il gagne il continue...