Alors, Schumi, stop ou encore ?

Sur le pont qui enjambe l’autoroute pour pénétrer dans l’antre du Hockenheimring, ils étaient des centaines, agglutinés, casquette vissée sur la tête, drapeau à la main. Tous couvent le secret espoir de voir passer leur idole. Tous rêvent de l’apercevoir. Mieux : de lui parler ou, au pire, de lui arracher un autographe.

Ph. J.

Sur le pont qui enjambe l’autoroute pour pénétrer dans l’antre du Hockenheimring, ils étaient des centaines, agglutinés, casquette vissée sur la tête, drapeau à la main. Tous couvent le secret espoir de voir passer leur idole. Tous rêvent de l’apercevoir. Mieux : de lui parler ou, au pire, de lui arracher un autographe. S’ils étaient là ce week-end, avec autant d’insistance, c’est qu’ils savaient, comme tout le monde, qu’il se pourrait bien que ce soit la dernière fois que Michael Schumacher se soit produit sur ses terres. Alors, stop ou encore ?

La question est, bien entendu, sur toutes les lèvres. S’il connaît déjà la réponse, le septuple Champion du Monde ne la révèlera pas avant le 10 septembre, à Monza.

L’avenir de Schumi en Formule 1, tout le monde en parle. Même son manager de toujours, Willy Weber. Lui qui le suit depuis vingt ans, connaît mieux que quiconque ce pilote exceptionnel et cet être complexe. Pour lui, la question sera surtout de trancher entre une passion gigantesque et l’envie de passer plus de temps en famille avec sa femme Corinna et ses enfants Gina Maria et Mick. “Pour être tout à fait honnête , je décèle plus de motivation chez Michael aujourd’hui que je n’en ai ja mais vue ! explique Weber. Il paraît parfaitement heureux, il est fort et en pleine forme. Son seul objectif pour l’instant est de remporter un huitième titre mondial. Sur le podium je trouve qu’il paraît le plus jeune de tous. J’ai souvent dit que Michael générait sa motivation tout seul. Il n’a vraiment besoin de personne pour cela parce qu’il aime profondément ce qu’il fait et il s’agit donc de la plus grosse motivation que l’on peut avoir dans la vie.”

Pour être son homme de confiance depuis près d’un quart de siècle, Willy Weber est sans doute le mieux placé pour savoir vers quelle choix s’oriente son protégé. “Pour ce qui concerne sa décision d’arrêter ou de continuer, je dirais que je connais Michael depuis plus de 20 ans et que lorsqu’il dit que ce sera à Monza, ni avant, ni après, c’est que c’est là qu’il l’annoncera.

N’oubliez pas qu’il s’agit sans doute de la décision la plus difficile de sa carrière. Personnellement, et cela n’engage bien sûr que moi, certains jours je pense qu’il va s’arrêter… puis d’autres, je le vois très bien continuer. Donc je passe mon temps à écouter. Je ne sais vraiment pas quelle sera sa décision. Mais quelle qu’elle soit, je l’appuierai.”

“Sa décision est liée à Todt”

Pour Michael Schmidt, notre confrère allemand du Auto Motor und Sport, l’un des principaux magazines allemands, qui a suivi Michael Schumacher depuis ses débuts en F1, en 1991, l’avis des Allemands est partagé. “En Allemagne, je dirais que la majorité des gens penchent pour le 50-50 ! souligne-t-il. Mais, personnellement, je crois aussi que l’avenir de Michael est étroitement lié à celui de Todt. Si Jean Todt annonce qu’il prolonge d’un an, alors je dirais qu’il est presque certain que Michael poursuivra également. Il existe une très forte amitié entre les deux hommes et puis Todt est la clé du succès de Ferrari depuis plus d’une décennie. Il considère Schumacher comme son fils spirituel et je crois également qu’il aimerait voir Michael lui succéder un jour à son poste de patron de la Scuderia… Mais les chiffres le démontrent : il n’a vraiment rien perdu de ses capacités de pilote. Il y a sans doute d’autres considérations d’ordre plus privées et familiales que nous ne connaissons pas. Tout cela rend la décision très difficile à prendre et je crois sincèrement qu’elle n’est pas encore prise…”