Pas de panique, mais presque...

Un rideau... de pluie est tombé, tard dimanche soir sur le Hockenheimring. Et tandis que les éclairs déchiraient le ciel, le tonnerre grondait encore dans un paddock rattrapé par les affaires. Car si d'autres sports ont à souffrir du dopage, en F 1, c'est souvent le contrôle technique qui anéantit le résultat sportif d'une équipe et de ses pilotes.

PHILIPPE JANSSENS

ENVOYÉ SPÉCIAL À HOCKENHEIM

Un rideau... de pluie est tombé, tard dimanche soir sur le Hockenheimring. Et tandis que les éclairs déchiraient le ciel, le tonnerre grondait encore dans un paddock rattrapé par les affaires. Car si d'autres sports ont à souffrir du dopage, en F 1, c'est souvent le contrôle technique qui anéantit le résultat sportif d'une équipe et de ses pilotes. L'écurie Midland est bien placée pour le savoir, elle dont les deux monoplaces furent disqualifiées, dimanche en soirée, pour une réglette mobile découverte sur l'aileron arrière.

Véritable vitrine technologique, le sommet de la pyramide du sport automobile est l'objet d'enjeux énormes. Sportifs et financiers. Ici l'on ne s'adjoint pas les services d'un «Docteur Maboule» capable de transcender les performances physiques du pilote, mais l'on engage à prix d'or des ingénieurs hautement qualifiés pour flirter avec les limites du règlement. La performance et les premières places sur la grille de départ sont à ce prix. Face à ces trésors d'ingéniosité, la FIA déploie des armées de commissaires techniques pour tenter de débusquer ceux qui franchissent la limite. Une ligne qui souvent se trace en pointillé dans un «no man's land» de textes et de schémas. Souvent aussi, la découverte du faussaire est facilitée par le «tuyau» glissé par l'un ou l'autre concurrent.

Tout est remis en cause

A ce niveau, on se sourit, mais on ne se fait pas de cadeaux. C'est bien ce qui doit inquiéter aujourd'hui l'écurie Renault F 1 dont l'avenir s'assombrit de semaine en semaine. Alors que ses principaux adversaires tiennent déjà leur pilote vedette pour la saison prochaine (Alonso chez McLaren et Schumacher ou Raikkonen chez Ferrari), le «Losange» prospecte toujours et cherche désespérément à attirer Raikkonen dans ses filets. Pire, alors qu'ils paraissaient s'envoler vers un deuxième titre consécutif, tant au niveau pilote que constructeur, tout a été remis en cause, le week-end dernier, par une déferlante Ferrari qui semble régner à nouveau sans partage sur la F 1.

Il suffisait de voir la mine inquiète de Flavio Briatore, après l'arrivée du Grand Prix, alors qu'il interrogeait les responsables de Michelin sur la défaillance de leur association. «Nous sommes toujours en tête des deux championnats, ne cédons pas à la panique», tempérait le théâtral Italien. Pas de panique, mais... l'on apprenait ce week-end que Michelin avait rappelé à prix d'or, tous ses ingénieurs actuellement en vacances. Il y a donc urgence. Idem du côté de Renault où, depuis un mois maintenant, la pression est montée en flèche face à l'alerte rouge. Ajoutez-y le retour en forme des McLaren et des Honda et vous aurez compris que Renault et Alonso ont du souci à se faire.

On sait le temps qu'il fallut à Ferrari pour revenir au sommet. Si la tendance s'inverse et, c'est le cas, il en faudra sans doute tout autant aux Bleus. En espérant simplement qu'il ne soit pas déjà trop tard.

© Les Sports 2006

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