Audi : s'il n'en reste qu'une...

Pour la 2e année consécutive, la R10 TDI N°1 de Frank Biela, Marco Werner et Emanuelle Pirro a remporté les 24 h du Mans. Douze mois après avoir imposé une nouvelle technologie et ouvert l'ère du diesel en endurance, la marque aux anneaux a, cette fois, battu une autre usine : Peugeot, de retour dans la Sarthe avec deux 908 Hdi FAP.

Olivier de wilde

Envoyé spécial au Mans

Pour la 2e année consécutive, la R10 TDI N°1 de Frank Biela, Marco Werner et Emanuelle Pirro a remporté les 24 h du Mans. Douze mois après avoir imposé une nouvelle technologie et ouvert l'ère du diesel en endurance, la marque aux anneaux a, cette fois, battu une autre usine : Peugeot, de retour dans la Sarthe avec deux 908 Hdi FAP.

Mais il s'en est fallu de peu pour que la correction donnée en début de course par des Audi parties en trombe ne se transforme en leçon... de modestie pour le fier Dr Ullrich.

Après une heure et demie à peine, le jeune Mike Rockenfeller, surpris dès son 3e tour en pneus slicks sur une piste encore humide, mordait sur une ligne blanche du Tertre Rouge et plantait la 3e R10 TDI dans le rail. Un premier abandon en neuf ans pour une Audi officielle entraînant la neutralisation de la course durant une heure et quart.

Les deux autres protos d'Ingolstadt, accumulant les records de piste (2.27.1), caracolèrent en tête jusqu'au petit matin. Derrière, les 908 ne pouvaient pas suivre le rythme imprimé depuis le départ par Kristensen-McNish-Capello. Avec trois tours d'avance sur la voiture soeur à l'heure du déjeuner, le Danois pouvait se mettre à rêver d'un historique 8e succès en dix participations. Quand soudain, coup de théâtre, à 7h35, la n°2 alors pilotée par l'Italien Dindo Capello, en tête depuis plus de 17h30, perdait une roue mal fixée lors du ravitaillement et tapait au virage d'Indianapolis. Une erreur humaine coûtant cher au pauvre Italien fêtant ses 43 ans...

Des trois R10 d'usine, il n'en restait qu'une. Et l'on se mit à repenser à ce qu'il serait arrivé si l'accrochage samedi soir vers 22h entre Werner et la Corvette de Magnussen avait mal tourné : "Il ne m'a pas vu arriver à l'amorce de la chicane Dunlop. On s'est touchés à plus de 200 km/h. J'ai eu de la chance de m'en sortir avec un seul capot arrière à remplacer." Et pas un tour de perdu. Tant pis pour la démonstration, restait à préserver l'essentiel en assurant durant les sept dernières heures la 7e victoire d'une Audi en 8 ans. Ce à quoi les quarantenaires Biela (42 ans, 5e succès), Pirro (45 ans, 4 victoires) et Werner (41 ans, 3e triomphe consécutif) s'attelèrent avec grande prudence. Surtout que les deux dernières heures furent, comme les trois premières, marquées par le retour des averses et de la "safety car".

Un déluge gâchant la fin de course des 200 000 spectateurs et de la 908 Hdi FAP de Bourdais-Sarrazin-Lamy, victime de soucis électriques puis d'un tête-à-queue moteur calé dans l'ultime tour. En amenant un de ses deux nouveaux prototypes diesels à l'arrivée, qui plus est sur la 2e marche du podium, la marque au Lion a fait mieux que prévu.