Hamilton: "Pas prêt pour la notoriété"

Sans encore être l'un des sportifs les mieux payés du monde même s'il fait exploser les budgets de Ron Dennis (il a négocié des primes aux points) en même temps que les chronos et les records, Lewis Hamilton est passé, en trois mois à peine, du rang de débutant anonyme à celui de star interplanétaire. Une véritable icône symbolisant la jeunesse, le renouveau, la lutte contre le racisme et l'espoir des classes moyennes dans un monde où l'argent règne en maître. La grille de départ

Hamilton: "Pas prêt pour la notoriété"
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Olivier de Wilde

Sans encore être l'un des sportifs les mieux payés du monde même s'il fait exploser les budgets de Ron Dennis (il a négocié des primes aux points) en même temps que les chronos et les records, Lewis Hamilton est passé, en trois mois à peine, du rang de débutant anonyme à celui de star interplanétaire. Une véritable icône symbolisant la jeunesse, le renouveau, la lutte contre le racisme et l'espoir des classes moyennes dans un monde où l'argent règne en maître.

Il ne manque qu'un atout à ce surdoué de 22 ans à la peau colorée : le sexe féminin pour rassembler tout ce dont la F1 avait besoin après Michael Schumacher. Il a quelque chose, ce gamin. Et, hormis peut-être en Espagne, où l'on soutient aveuglément un Fernando Alonso au regard de plus en plus noir, tout le monde l'aime. Une incroyable popularité digne d'un héros né subitement de la téléréalité.

En Grande-Bretagne, où le prochain Grand Prix de Silverstone affiche déjà complet depuis plusieurs semaines, c'est carrément la folie. Une "Hamilton-mania" dépassant l'entendement et à laquelle les psychologues le suivant depuis plusieurs années ne l'avaient pas préparé.

Programmé pour gagner, paradoxalement plus habitué que son équipier à la F1 de McLaren après avoir passé plus de 2000 heures durant l'hiver dans le super-simulateur de l'écurie (coût estimé de l'engin : 45 millions d'euros !), protégé de Ron Dennis et dans la filière Mercedes depuis 12 ans, roulant déjà avec des gommes Bridgestone l'an dernier, le champion GP2 n'a de "rookie" que le nom. "En piste, je n'ai, à vrai dire, pas eu de grosse surprise, même sur les circuits que je découvrais", avoue cet adepte de jeux électroniques.

Il faut dire qu'avant de découvrir l'Australie, le Canada ou Indianapolis, il avait déjà bouclé trois fois ces Grands Prix sur un simulateur secret de plusieurs millions reproduisant mieux la réalité que toutes les consoles électroniques actuelles. L'équivalent d'une Playstation 10.

"Un sentiment désagréable"

"Jusqu'ici, le plus dur à gérer, c'est toute l'attention que les gens me portent, le fait que l'on me reconnaisse dans la rue. Aucune machine ne peut vous préparer au regard extérieur. En quelques semaines, je suis passé du statut d'inconnu à celui de personne que tout le monde reconnaît. Je sais qu'Hakkinen, Schumacher ou Alonso ont vécu la même chose. Mais chez eux, c'est allé un peu moins vite. Moi, cela m'est tombé dessus. Aujourd'hui, je ne peux plus rien faire en dehors du paddock où les flashes crépitent à chaque fois que je fais un pas. Je ne peux plus aller au cinéma, à la librairie ou boire un verre avec des copains. Il me faudrait une secrétaire pour répondre au courrier et aux SMS que je reçois. Je ne pense pas que l'on puisse se préparer à ça comme on peut le faire pour une course ou une saison. Pour les GP, je sais à quoi m'attendre. Avec le monde extérieur, je ne sais pas. Honnêtement, ce n'est pas une sensation géniale de perdre ainsi sa vie privée. C'est plutôt étrange de voir des paparazzi épiant vos moindres faits et gestes. Mais bon, cela fait partie du métier. Et je vais essayer d'intégrer cela", confie le souriant métis, envisageant déjà de quitter la résidence familiale de Tewin où il habite toujours avec son père Maurice (ses parents sont divorcés), né sur l'île de Grenade, et son jeune frère handicapé Nicholas l'accompagnant sur la majorité des courses. "J'aime bien la Suisse. Pour la fiscalité, mais surtout pour la quiétude..."