Doublé des Flèches... rouges

La pole samedi pour Felipe Massa, la victoire dimanche pour son équipier Kimi Raikkonen, le doublé pour des F2007 qui n'avaient jamais autant distancé leurs rivales. On a assisté, hier dans la Nièvre, au grand retour de la Scuderia Ferrari.

Olivier de Wilde

La pole samedi pour Felipe Massa, la victoire dimanche pour son équipier Kimi Raikkonen, le doublé pour des F2007 qui n'avaient jamais autant distancé leurs rivales. On a assisté, hier dans la Nièvre, au grand retour de la Scuderia Ferrari. Un triomphe d'autant plus flagrant que chez McLaren-Mercedes, on a vécu en France le week-end le plus dur de cette première moitié de saison. Il aura fallu attendre de connaître les stratégies de chacun, donc les premiers ravitaillements, pour mesurer le niveau de la domination de monoplaces rouges revenant de loin.

Les McLaren-Mercedes furent en effet les toutes premières à s'arrêter au 16e tour. Trois boucles plus tôt que le poleman Massa, six avant un Raikkonen chargé à bloc. Dès ce moment, on comprit que la première place se jouerait uniquement entre des bolides de Maranello. Restait juste à savoir qui du petit Brésilien ou du peu loquace Finlandais franchirait la ligne en vainqueur. "Le départ a été déterminant", souriait le glacial "Iceman". "Pour une fois, je ne partais pas sur la partie sale de la piste. Et puis, surtout, on a changé le système de démarrage. L'embrayage a été modifié. Cela m'a permis de passer d'emblée Hamilton."

La première moitié du travail était faite. La suite de la mission consistait à garder le contact avec son équipier jusqu'aux premiers ravitaillements. "Battu de seulement deux dixièmes aux essais, je savais que j'embarquais plus de carburant que lui." De quoi effectuer trois boucles de plus. "Gêné par le trafic, je n'ai pu reprendre que la moitié des quatre secondes me séparant de Felipe à la fin du premier relais", poursuivait le Nordique. C'est donc lors du 2e arrêt, lui aussi programmé trois tours plus tard que celui du Brésilien, entre les 42e et 45e tours, que Kimi fit donc la différence face à un Massa se plaignant de son côté, avec un peu de mauvaise foi, d'avoir été gêné par un peloton de quatre attardés qu'il mit trois tours à doubler. "Je savais que cela se jouerait là. J'ai attaqué, regagnant quatre secondes sur la piste et une lors d'un arrêt logiquement plus court".

Comme son retard avant cela n'était que de 3.3, le tour était joué. Kimi pouvait gérer puis savourer son 11e succès en F1, le premier à Magny-Cours et surtout le premier depuis Melbourne. "Cela fait du bien après cette période difficile pour toute l'équipe", commentait le héros du jour. "Je ne m'attendais pas à mettre tellement de temps avant de me sentir bien dans la Ferrari. Je ne comptais pas non plus avec les problèmes de soufflerie nous ayant handicapé ces derniers mois. En confiance aux commandes d'une monoplace meilleure partout, je suis optimiste pour la suite. Et plus particulièrement pour Silverstone où nous étions très rapides lors des essais de la semaine dernière. J'ai hâte que la 2e moitié de saison démarre."