L'éclatante revanche de la "Scuderia"

Ferrari a signé son premier doublé de la saison, mettant fin à la domination des "Flèches d'argent". Massa avait signé la pole à Magny-Cours tandis que Raikkonen a ravi la victoire. Petit tour de piste à la mi-saison.

Thibaut Vinel

La redistribution des pions sur l'échiquier avant le début de la saison avait laissé augurer d'une saison palpitante. Comment le double champion du monde Fernando Alonso allait-il gérer son passage de Renault à McLaren-Mercedes ? Comment Kimi Raikkonen ferait-il oublier chez Ferrari le départ du monument Schumacher ? Massa allait-il exploser pour sa seconde saison chez les "Rouges" ? Quid de Renault ?

Pour mettre tout le monde d'accord, le jeune prodige anglais de 22 ans, Lewis Hamilton, a damé le pion à ses adversaires. Si certains tablaient sur la chance du débutant pour expliquer ses "perfs" de début de saison, force est d'admettre que réaliser huit podiums en autant de participation en GP n'a rien d'un hasard. Le jeune Britannique a à nouveau prouvé dans des conditions dantesques pour l'écurie de Ron Dennis qu'il était capable de tirer son épingle du jeu dans n'importe quelle situation. Avec sa troisième place, il prend donc la poudre d'escampette sur son "coéquipier-rival-ennemi" Fer- nando Alonso, transparent durant son escapade en France. Le natif d'Oviedo fait d'ailleurs grise mine chez les "Gris" où sa "Flèche d'argent" n'atteint plus sa cible. L'Espagnol perd de GP en GP des plumes au classement des pilotes, à un tel point que l'écart à la mi-saison entre les deux "frères-ennemis" grimpe à 14 points. Mais, hier, l'attention était focalisée sur la "Scuderia", ayant signé un doublé d'autant plus somptueux que la prestation de leur rival était médiocre.

Hamilton attendu at home

Réalisant la pole avec Massa et obtenant la victoire finale avec Raikkonen, l'écurie de Jean Todt ne pouvait espérer meilleure semaine à Magny-Cours. En plus, les essais à Silvertsone - théâtre du prochain GP - la semaine dernière avaient été concluants pour l'écurie siégeant à Maranello. En revanche, les "Flèches d'argent" évolueront à domicile avec un Lewis Hamilton qui mesurera "at home" sa cote de popularité galopante.

Ne comptez pas sur "Black Senna" pour craquer sous la pression. Il a encore prouvé hier qu'il était capable d'optimiser le rendement de son bolide même quand le vent était défavorable. De plus, le "rookie" a montré qu'il était humain sur la piste. Durant ses sept premiers GP, jamais, il n'avait été dépassé. En France, il mit fin à cette série...

À qui la troisième victoire ?

Le quatuor de tête au classement ne devrait pas se quitter jusqu'à Interlagos au Brésil, dernière escale du cirque de la F1 en 2007. Sur les huit premiers circuits parcourus, Hamilton, Alonso, Raikkonen et Massa présentent une caractéristique commune. Non seulement ils n'ont laissé aucune victoire à la concurrence, mais de plus ils affichent à leur compteur personnel deux succès chacun. La différence se joue donc sur la régularité. À ce petit jeu, pas de doute, Lewis Hamilton avec ses huit podiums est le champion toutes catégories. L'écart entre la "Scuderia" et les "Flèches d'argent" s'est donc forgé sur la fiabilité. Avec un abandon chacun, Massa et Raikkonen ont laissé filer leurs rivales qui ont achevé tous leurs GP. Et derrière ? La révolution tarde à s'organiser. Seuls les pilotes BMW avec Nick Heidfeld et Robert Kubica, le miraculé du Canada, semblent en mesure de profiter d'une défaillance des deux "Top Teams" pour accrocher un podium. Rubens Barrichello et Jenson Button chez Honda ne peuvent pas en dire autant avec un seul point pris à la mi-saison.

Renault aux oubliettes

L'écurie française au "Losange" peut se poser des questions à mi-parcours. Après deux années de vaches grasses, une période de disette a débuté. Si Flavio Briatore avait haussé le ton en début de saison à la lecture des contre-performances de ses poulains, il semble aujourd'hui résigné. Rétrogradé en quatrième ligne, Renault doit profiter de sa seconde partie de saison pour dessiner une voiture compétitive et surtout une équipe soudée.