La mauvaise coupe d'Hamilton

Parti en "pole" pour la 11e fois de sa carrière, Lewis Hamilton gardera, quoiqu'il arrive encore, un arrière-goût amer de ce Grand Prix de Belgique qu'il aurait tant aimé remporter quarante ans après Bruce McLaren. Massa par double chaos

Olivier de Wilde
La mauvaise coupe d'Hamilton
©AP

Parti en "pole" pour la 11e fois de sa carrière, Lewis Hamilton gardera, quoiqu'il arrive encore, un arrière-goût amer de ce Grand Prix de Belgique qu'il aurait tant aimé remporter quarante ans après Bruce McLaren. Les problèmes du jeune Britannique débutèrent dès le deuxième tour, lorsqu'il se fit surprendre par une piste encore détrempée.

"Nous étions partis en slicks," racontait-il alors qu'il pensait encore avoir gagné. "En repassant la dernière vitesse, mes roues arrière ont bloqué et je suis parti en tête-à-queue."

Kimi Raikkonen n'en demandait pas tant et le passa facilement dans la montée vers les Combes. Durant quarante tours, Hamilton cravacha alors pour tenter de racheter sa faute. "Malheureusement, après mon premier arrêt, je suis reparti derrière Bourdais et Kubica qui m'ont fait perdre le contact avec Kimi."

Mais au moment de chausser les gommes les plus dures, l'écart culminant à cinq secondes et demie se mit à fondre : "J'ai attaqué comme un fou pour revenir sur la Ferrari. Je priais pour qu'il pleuve."

Et son voeu fut exaucé... "A trois tours de l'arrivée, l'écart s'était stabilisé à une seconde et demie et je pensais que c'était perdu. J'hésitais entre continuer à attaquer et préserver mon moteur quand j'ai vu les premières gouttes sur ma visière."

Kimi Raikkonen fut le premier à commettre un petit écart permettant à son rival de se porter à sa hauteur au freinage de la chicane : "J'étais à l'extérieur et il ne m'a pas laissé de place pour tourner sur la piste. Dès lors, comme je ne voulais pas m'accrocher ni passer sur le gros vibreur, j'ai décidé de couper. Je me suis retrouvé un instant devant Kimi, mais je l'ai laissé repasser. "

Pour le réattaquer au prochain freinage de la Source après avoir profité de son aspiration : "Raikkonen a zigzagué dans la ligne droite mais j'ai néanmoins réussi à lui faire l'intérieur en freinant plus tard."

Mais la bagarre n'était pas encore finie... "Arrivé au pif paf, j'ai vu Rosberg en sens inverse. En repartant, il choisit mon côté. Pour éviter une collision, j'ai tiré tout droit dans l'herbe. Kimi, lui, a réussi à passer entre la Williams et une BMW. J'ai cru que c'était foutu quand je l'ai vu partir en tête-à-queue à la sortie de ce même virage. Je me retrouvais donc en tête."

Et trois courbes plus tard, à la sortie de Blanchimont, Raikkonen tapait le mur, laissant Hamilton filer vers ce que les 65 000 spectateurs présents pensaient être sa 9e victoire. Mais les commissaires sportifs en décidèrent autrement, estimant que le Britannique avait tiré un avantage en court-circuitant la chicane. Ecopant d'un Drive Through transformé en 25 secondes de pénalité, Lewis, incrédule, chutait de la 1re à la troisième marche du podium.


"Une décision injuste" Lewis Hamilton a vivement réagi à l'annonce de sa sanction. "Je ne m'attendais pas du tout à cette décision que je ne comprends pas," a déclaré un Lewis Hamilton déjà pénalisé cette année pour avoir dépassé un concurrent (Vettel) après avoir court-circuité une chicane à Magny-Cours. "Il y a quelque chose qui ne va pas. C'est du sport automobile et je ne pense avoir rien volé à personne. C'est totalement injuste car j'ai de suite laissé repasser mon rival. Enfin, je laisse le team faire appel. Je préfère dépenser mon énergie sur le prochain GP de Monza que j'aborderai en leader du championnat."

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