Le ciel lui est tombé sur la tête

L'image est forte. Tandis que, sur le podium, Lewis Hamilton sabre le champagne, quelques mètres plus bas, dans la pitlane, une dépanneuse transporte l'épave rouge de la Ferrari de Kimi Raikkonen. Rentré à pieds au stand, le pilote finlandais ne s'est, bien entendu, pas étalé sur sa déconvenue.

Philippe Janssens
Le ciel lui est tombé sur la tête
©EPA

L'image est forte. Tandis que, sur le podium, Lewis Hamilton sabre le champagne, quelques mètres plus bas, dans la pitlane, une dépanneuse transporte l'épave rouge de la Ferrari de Kimi Raikkonen. Rentré à pieds au stand, le pilote finlandais ne s'est, bien entendu, pas étalé sur sa déconvenue. On s'en doute, sa déception était immense. Lui qu'on disait en perte de vitesse. Incapable de monter ses pneus en température lors des séances qualificatives. Lui qu'on pensait en passe de devoir se mettre au service de son équipier Felipe Massa, semblait enfin tenir le bon bout. Sur ce circuit qui le vit déjà l'emporter à trois reprises, il était en passe de rejoindre Senna et Clark sur les tablettes et de se relancer complètement dans la lutte pour sa propre succession à la couronne mondiale.

Mais à moins de deux tours de la fin, tout a basculé sous le déluge, dans le virage de Blanchimont.

"Il n'y a rien que j'aurais pu faire pour éviter cela, soupire-t-il. La voiture est devenue incontrôlable."

Déçu, "Iceman" crache pourtant le feu lorsqu'il évoque la première tentative de dépassement d'Hamilton au Bus Stop. "J'ai défendu ma position mais Lewis a tiré un avantage d'avoir court-circuité la chicane pour me dépasser à la Source. Il y a des règlements, il faut les appliquer."

Même si pour lui la décision prise hier soir par les commissaires de déclasser Hamilton ne change pas grand-chose, avec 19 points de retard au championnat sur le Britannique et 17 sur son équipier, il n'est pourtant pas prêt d'abdiquer. "Je continue à croire en mes chances, conclut-il. Une victoire à Monza changerait à nouveau tout. Je le dis et je le répète : l'an dernier, j'avais 17 points de retard sur Hamilton à deux courses de la fin et j'ai tout de même été champion du monde. Je continue donc à me battre comme je le faisais avant..."

Tout cela, en admettant, bien sûr, qu'Hamilton et McLaren n'ont pas appris des erreurs commises par le passé.