Sensationnel Sebastian Vettel

Le pilote Toro Rosso devient, à 21 ans, le plus jeune vainqueur d'un Grand Prix.La pluie et le départ sous "safety car" l'ont bien aidé à s'envoler vers la victoire.La saison prochaine, l'Allemand courra pour l'écurie Red Bull. Revivez le liveLes résultats de F1

Olivier de Wilde
Sensationnel Sebastian Vettel
©EPA

envoyé spécial à Monza Pincez-moi, je rêve." Un peu plus de vingt-quatre heures après être devenu, samedi, le plus jeune "poleman" de l'histoire de la F1, Sébastian Vettel (déjà plus jeune pilote ayant marqué un point à 19 ans et mené un GP à 20 ans) a réussi l'exploit historique d'imposer, hier, sa Toro Rosso lors du GP d'Italie de F1.

Sur l'Autodromo, il a battu à la régulière Kovalainen, Kubica, mais aussi Hamilton et surtout des Ferrari pataugeant comme les tifosi dans les parkings boueux. A 21 ans et 73 jours, ce gamin a battu de près d'un an le record de précocité détenu depuis 2003 par Fernando Alonso. Un authentique exploit au sein d'une petite écurie de 160 personnes toujours basée à Faenza et dont l'ancien nom (Minardi jusqu'en 2005) était souvent synonyme de lanterne rouge. Ce dimanche, la petite soeur de Red Bull, à vendre, est devenue grande. Et l'Allemagne a trouvé le successeur de son septuple champion du monde : "Baby Schumi" comme le surnomme déjà sa presse nationale. "C'est incroyable, le plus beau jour de ma vie", s'est exclamé cet adolescent vainqueur lors de son 22e GP en F1. "La pole, la victoire après avoir dominé la course, quel week-end fantastique !"

Produit des filières Red Bull et BMW, Vettel a gardé sa fraîcheur et son naturel. Son discours n'est pas formaté, sa bonne humeur contagieuse. "Le départ sous safety car m'a bien sûr aidé. Une des clés de mon succès fut de pouvoir bénéficier d'une meilleure visibilité et de vite posséder six ou sept secondes d'avance, raconte-t-il humblement. J'avais comme beaucoup opté samedi pour des réglages pour le sec. Ce n'était pas idéal, sauf en ligne droite où j'avais des ailes. Notre stratégie a été parfaite. Après mon deuxième arrêt, en voyant que le team m'indiquait toujours "P1" sur le panneau, je me suis dit : Si tu ne fais pas de faute, tu vas gagner cette course. Pour ne pas y penser et rester concentré, j'ai continué à attaquer à fond. Je me souviendrai longtemps de mon tour d'honneur et de l'image de mon premier podium. Les tifosi étaient venus pour voir gagner Ferrari. Je n'avais que le moteur, mais mon écurie est italienne aussi, et je crois que les gens sont retournés heureux".

Une euphorie générale n'empêchant pas le petit Sebastian de garder les pieds sur terre : "Commencer à me comparer à Schumacher serait ridicule. C'est un des plus grands et je débute à peine. Je ne vais pas me prendre désormais pour un superhéros. Je sais que je ne gagnerai pas à Singapour. Il faut rester réaliste. L'an prochain, je roulerai pour Red Bull, pas un pas en arrière, non. Je suis content, avant de partir, d'avoir pu offrir ce cadeau à Toro Rosso. Ils le méritent vraiment tous."