Vettel emmène la nouvelle vague

Plus jeune pilote à marquer un point dès ses débuts à Indianapolis l'an dernier en remplacement de Robert Kubica (blessé au Canada) chez BMW alors qu'il n'avait encore que 19 ans, plus jeune leader d'un GP de F1 au Japon 2007 à 20 ans à peine, Sebastian Vettel est aussi devenu le week-end dernier, à 21 ans et un peu plus de deux mois, le plus jeune "poleman" et vainqueur de l'histoire de la F1.

O.d.W.
Vettel emmène la nouvelle vague
©EPA

Plus jeune pilote à marquer un point dès ses débuts à Indianapolis l'an dernier en remplacement de Robert Kubica (blessé au Canada) chez BMW alors qu'il n'avait encore que 19 ans, plus jeune leader d'un GP de F1 au Japon 2007 à 20 ans à peine, Sebastian Vettel est aussi devenu le week-end dernier, à 21 ans et un peu plus de deux mois (le nouveau prodige allemand est né le 3 juillet 1987), le plus jeune "poleman" et vainqueur de l'histoire de la F1.

Encore deux records que Fernando Alonso, restant toutefois encore le plus jeune champion du monde de tous les temps (24 ans et 2 mois), n'aura plus. Une question dès lors : pourquoi les pilotes de F1 modernes s'imposent-ils de plus en plus jeunes ?

La principale raison est bien entendu qu'ils débarquent de plus en plus tôt en F1, en sautant les échelons, même si - a contrario - Mike Thackwell reste depuis 1980 le plus jeune pilote de F1 après avoir pris part aux essais du GP du Canada à l'âge de 19 ans et 5 mois. Mais généralement, il y a vingt ou trente ans, beaucoup de champions débutaient leur carrière en monoplace à 18 ans en Formule Ford. Pour gravir les différentes étapes menant vers la F1, ils n'avaient d'autre choix que de gagner leur championnat puis de passer au suivant : F3, F2 puis F1...

Les plus doués débarquaient donc à 23, 24 ou 25 ans. D'autres plus tard. Mais aujourd'hui, tout a changé. Avec l'avènement tout d'abord du karting, nouveau berceau du sport auto par où sont passés tous les pilotes du plateau actuel. Une discipline dans laquelle les apprentis pilotes démarrent de plus en plus jeunes. A 6 ou 7 ans pour certains, voire moins. Et voici deux années encore à peine, dès l'âge de 14 ans, on pouvait déjà débuter en monoplace en Belgique en Formula Renault 1.6.

Aujourd'hui, les formules inférieures, intermédiaires entre le karting et la F3 se multiplient : Formula Renault 2.0, Formula Academy, Formula BMW, Formula Masters, toutes accessibles dès 16 ans. Et puis, à l'époque, les pilotes même les plus talentueux ne pouvaient souvent compter que sur leurs résultats pour accéder à la F1.

Avec les enjeux financiers actuels de ce sport devenu business, les grands constructeurs, les managers ou les sponsors tentent de découvrir la perle rare le plus jeune possible et l'aide à grimper vite. Une sorte d'investissement sur l'avenir qui, dans certains cas, rapporte très gros. Ainsi, Michael Schumacher, Jenson Button, Fernando Alonso ou Kimi Raikkonen ont été pris en main par des "parieurs" dès le kart ou leurs débuts en monoplace.

Les grands constructeurs ont aussi créé leurs filières : Renault (qui a lancé Kovalainen et Kubica), Toyota, BMW ou Mercedes qui a payé et planifié la carrière de Lewis Hamilton dès l'âge de 12 ans. Les fils de champions possédant un nom prestigieux appartenant à l'histoire de la F1 connaissent aussi une ascension fulgurante : Rosberg, Piquet, Senna... Même si le nom ne suffit pas : les fils Lauda et Prost sont là pour en témoigner.

Sebastian Vettel, lui, est un pur produit de la filière Red Bull qui a commencé à l'aider alors qu'il débutait en karting à l'âge de... 8 ans ! Champion en Formula BMW alors qu'il n'avait que 17 ans, il a aussi signé un contrat avec BMW lui offrant voici trois ans déjà son premier test en F1.

BMW et Red Bull se le sont partagé en 2007 et c'est finalement la marque de boisson énergétique qui l'a récupéré à partir du GP de Hongrie. Avec des débuts remarqués et un passage l'an prochain chez Red Bull où il faudra capitaliser son investissement avant de le vendre très cher à Ferrari, McLaren ou BMW.

Les F1 sont plus faciles à piloter que dans les années 70 ou 80. On peut brûler les étapes.

Enfin, il y a les aspects marketing. Dans le monde actuel, on fait tout de plus en plus jeune. L'image de la jeunesse se vend bien auprès des partenaires. Mercedes profite de l'aura d'un Hamilton pour rajeunir son image de voiture de ministre ou de taxi. Et Red Bull doit vendre une grande majorité de ses canettes en discothèques, à des jeunes entre 16 et 25 ans. Il est donc capital d'avoir un ambassadeur mondial comme Vettel dont les exploits vont donner des ailes et faire rêver les millions de jeunes de sa génération.

L'écurie Red Bull n'aura donc pas fait qu'apporter du fun au plateau de F1 : elle a désormais aussi fait gagner Minardi et lancé le successeur de "Schumi" ...

© La Libre Belgique 2008