La F1 fait sa ronde de nuit

C'est une première historique que va vivre la Formule 1 ce week-end dans les petites rues de Singapour. Si les Américains sont habitués à voir des "Formule Indy" effectuer des rondes nocturnes le samedi sur des circuits ovales, jamais encore un GP de F1 ne s'est disputé sous les feux des projecteurs.

Olivier de Wilde

C'est une première historique que va vivre la Formule 1 ce week-end dans les petites rues de Singapour. Si les Américains sont habitués à voir des "Formule Indy" effectuer des rondes nocturnes le samedi sur des circuits ovales, jamais encore un GP de F1 ne s'est disputé sous les feux des projecteurs. Une idée lumineuse née dans la tête de Bernie Ecclestone, non pas initialement dans le but d'améliorer le show mais bien pour rendre la diffusion de ces nouveaux GP exotiques plus accessible aux téléspectateurs européens. Alors que le départ de la 15e manche du championnat sera donné à 20 h dans cette cité-Etat de 650 km2 adjacente à la Malaisie, il sera 14 h chez nous. Un décalage horaire auquel devraient à l'avenir peut-être se soumettre - si le test ici est réussi - les organisateurs des GP d'Australie, de Chine et de Malaisie.

Dessiné par l'architecte Hermann Tilke à la base de la plupart des circuits modernes, le tracé urbain de Singapour, long de 5,067 km et tournant dans le sens anti-horlogier, a été conçu en un peu plus d'un an. Comme à Valencia, il est situé dans la "Marina Bay" et emprunte un maximum de rues existantes.

Au total, les pilotes auront à négocier 23 virages différents, beaucoup à angles droits ce qui en fait la piste la plus lente du calendrier après Monaco mais aussi quelques courbes rapides comme la n° 6 avec une vitesse estimée de 300 km/h.

Les F1 emprunteront aussi "Anderson Bridge", le "Raffles Boulevard", passeront devant l'Esplanade et la fameuse grande roue "Singapore Flyer" bien connue des touristes. Mais la principale attraction de cette nouvelle destination est bien sûr son caractère nocturne. Sceptiques au départ, tous les pilotes sont aujourd'hui excités à l'idée de découvrir le pilotage de nuit.

Les F1 étant bien entendu dépourvues de phares, la piste sera éclairée uniformément, comme en plein jour, par 1 500 spots suspendus à 10 m du sol, tous les quatre mètres, tout autour de l'intérieur du circuit. Alimentés par de multiples générateurs et reliés par 110 km de câblage, ils pourraient illuminer quatre grands stades de football et produiront 100 fois plus de lumière que l'éclairage public.

Après des tests au Castellet puis directement ici, le système d'éclairage uniforme proposé par une société italienne de renommée mondiale a été approuvé par la FIA. Grâce à la projection de rayons lumineux selon différents angles, il ne devrait exister aucune zone d'ombre, aucun reflet éblouissant pour que Singapour "by Night" brille de mille feux et offre au monde entier un spectacle son et lumière ahurissant. Les pilotes, eux, demandent encore à voir ce vendredi avec des premiers essais libres programmés jusqu'à 23 h locales. Selon Sébastien Bourdais, le téléspectateur, lui, n'y verra que du feu : "Si les caméras ne filment pas le ciel, vous ne remarquerez même pas que c'est la nuit."