Brawn retrouve le sommet

Ancien ingénieur de Michael Schumacher chez Benetton puis chez Ferrari, Ross Brawn, propriétaire depuis le début de l’année d’une ex-écurie Honda portant désormais son nom, est avant tout un grand stratège.Le GP d'Italie en images

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Brawn retrouve le sommet
©AP

Ancien ingénieur de Michael Schumacher chez Benetton puis chez Ferrari, Ross Brawn, propriétaire depuis le début de l’année d’une ex-écurie Honda portant désormais son nom, est avant tout un grand stratège. Il l’a encore prouvé ce week-end à Monza en signant le doublé, son quatrième de la saison, alors que ses deux monoplaces ne s’étaient pourtant élancées qu’en troisième ligne d’un GP d’Italie loin d’afficher "sold out".

Derrière notamment la McLaren du "poleman" Lewis Hamilton ou la Ferrari de Kimi Raikkonen. "Honnêtement, nous avions la monoplace pour réaliser la pole", racontait déjà après la qualification Rubens Barrichello. Son équipier Jenson Button l’avait démontré en signant en Q2, avec un minimum d’essence, ce qui restera le meilleur tour du week-end. "Mais ici plus qu’ailleurs, avec la longue ligne droite avant la première chicane, il fallait compter avec l’avantage dont bénéficient les voitures dotées du Kers. Pour gagner avec une stratégie à deux arrêts, nous devions être certains de rester devant après le premier virage. Dès lors, nous avons préféré opter pour une tactique différente, avec un seul ravitaillement." Et cela a payé, les deux Brawn-Mercedes prenant définitivement la tête à l’issue du deuxième "pitstop" des trois premiers leaders (les seuls à ravitailler deux fois), Hamilton, Raikkonen et Sutil.

Un nouveau beau plan déployé par le génie Brawn et parfaitement exécuté par ses deux pilotes effectuant un pas de géant vers les deux titres mondiaux, pilotes et constructeurs. "Je n’ai pas mot pour décrire ce que je ressens", confessait Rubinho après la 11e victoire de sa carrière, la troisième à Monza après 2002 et 2004 en Ferrari, sa deuxième en trois GP cette saison. "C’est toujours spécial de triompher ici. Surtout après une nuit stressante. On craignait devoir changer ma boîte de vitesses qu’on suspectait avoir été endommagée à Francorchamps. Mais finalement cela a tenu. Le premier tour a été chaud , mais c’est passé. Ensuite, tout s’est déroulé comme dans un rêve." Franchissant la ligne avec 3 secondes d’avance sur son équipier, le doyen de la F1 (37 ans) est revenu à 14 unités d’un Jenson Button premier à le féliciter. Le titre mondial 2009 se jouera "à la loyale" entre ces deux-là. "Cela fait du bien de ne plus être victime de consigne comme à l’époque Ferrari, d’avoir sa chance," jubilait le Brésilien. "Notre combat est honnête. Nous sommes équipiers et amis depuis longtemps. On ne se cache rien techniquement. On collabore à livre ouvert. On va prouver qu’il ne faut pas être un salaud égoïste pour être champion de F1. Le respect de l’autre est la valeur la plus importante dans la vie."

L’ambiance est moins au respect en dehors des paddocks. Dans l’affaire du "crashgate" de Singapour, Nelson Piquet mouille maintenant Fernando Alonso. "Alonso était au courant. Sinon il n’aurait jamais accepté de partir avec de l’essence pour 15 tours alors qu’il était 15e sur la grille. Cette stratégie n’avait aucun sens." Le père brésilien implique aussi le directeur de course des GP pour la FIA, Charlie Whiting, averti de l’affaire lors du GP du Brésil 2008 : "Il a dit qu’il ne fallait surtout rien dire à la presse. Qu’il ne pouvait plus changer le classement. Qu’il n’y avait pas de preuve." Il en a aussi parlé à Max Mosley, qui s’était dit déjà au courant, ainsi qu’à Bernie Ecclestone. Celui-ci dément évidemment, ajoutant : "De toute façon, Nelson Sr m’a confié qu’il était prêt à tout pour détruire Briatore qui venait de licencier son gamin." Quel chouette monde cette F1.