La vengeance est un plat qui se mange froid pour Nelsinho

03 août 2009: Nelson Piquet Jr publie sur son site internet l’information selon laquelle l’écurie Renault a décidé de se passer de ses services.

Julien Lepeer
La vengeance est un plat qui se mange froid pour Nelsinho
©AP

03 août 2009: Nelson Piquet Jr publie sur son site internet l’information selon laquelle l’écurie Renault a décidé de se passer de ses services. 30 août 2009 : Rede Globo, une chaîne de télévision brésilienne dit tenir de bonne source que la FIA mène une enquête sur l’accident de l’ex-pilote des monoplaces françaises au Grand Prix de Singapour 2008. Si la fuite survient au Brésil, pays d’origine de la famille Piquet, ce n’est certainement pas un hasard. Mais si d’aucuns au sein de l’écurie crient au scandale et à la diffamation, le dossier, même monté par le clan Piquet dans un esprit de vengeance, paraît bien étoffé. Mais que s’est-il donc passé cette nuit-là à Singapour ?

Moribonds en cette saison 2008, les bolides français se retrouvent à nouveau à la peine à Singapour, fin septembre. L’Espagnol Fernando Alonso ne peut réaliser mieux qu’une quinzième place aux essais. En course, l’ancien champion du monde avait alors opté pour un ravitaillement très précoce, juste avant que son équipier, Nelson Piquet Jr heurte un mur. Des débris jalonnent la piste ce qui implique la sortie de la voiture de sécurité. Alors qu’Alonso se contentait de suivre la Safety car, ses concurrents rentraient un à un au stand pour ravitailler. L’Espagnol accédait alors à la tête de la course, qu’il allait conserver pour finalement s’imposer.

"C’est fantastique, premier podium de la saison et première victoire", avait réagi le double champion du monde. "Je ne réalise pas encore : on a gagné une course cette année ! C’est incroyable. On était compétitif depuis vendredi mais j’ai clairement été chanceux : la voiture de sécurité a beaucoup fait pour moi. J’ai été malchanceux samedi, mais très chanceux aujourd’hui", avait-il alors estimé.

Si "Nelsinho" pensait avoir conclu une sorte de pacte tacite ce jour-là avec Renault et avoir assuré sa place au sein de l’écurie, son zéro pointé en dix GP a eu raison de la confiance placée en lui par le constructeur français. Au moment de son éviction, le Brésilien écrivait : "Je souhaite remercier le petit groupe de personnes qui m’ont soutenu et avec qui j’ai travaillé chez Renault F1, même si c’est bien évidemment avec une grande déception que j’ai accueilli cette nouvelle." Le fils du triple champion du monde (Nelson Piquet) raconte par ailleurs avoir subi des pressions au sein de son écurie, heureux de mettre un terme à ce qu’il décrit comme "la pire période de sa carrière".

Un mois plus tard, le discours s’était musclé : "Il m’a été demandé par Flavio Briatore, qui est à la fois mon manager et le directeur de Renault F1 Team, et par Pat Symonds, directeur technique de Renault F1, de provoquer délibérément un accident afin de favoriser les performances de F1 Renault." L’écurie s’insurge au début, déposant une plainte contre son ancien pilote pour "chantage aggravé". Mais le fils du triple champion du monde ne se démonte pas : "Je dis la vérité, je n’ai donc rien à craindre de qui que ce soit, ING Renault ou M. Briatore. [ ] Bien que je sois conscient du pouvoir et de l’influence des personnes que j’incrimine et des nombreux recours qu’ils ont sous la main, je n’hésiterais pas de nouveau à prendre cette décision quand bien même j’aurais à la regretter. J’ai toute confiance en l’enquête menée par les instances et ne ferai plus d’autre commentaire (sur l’affaire) jusqu’au terme de l’audience du 21 septembre 2009."

Entre la sortie de piste de Piquet et le limogeage de Briatore, un an et demi s’est écoulé La vengeance est un plat qui se mange froid