Renault coupe deux têtes

La F1 vient de vivre deux jours historiques. Après l’annonce, du retour de Lotus et du sauvetage de Sauber, abandonnée par BMW mais reprise par des investisseurs suisses, on a assisté hier à un coup de théâtre dans l’affaire du crash volontaire de Singapour l’an dernier.Briatore, un flambeur charismatique et séducteur La vengeance est un plat qui se mange froid pour Nelsinho

Olivier de Wilde
Renault coupe deux têtes
©AP

La F1 vient de vivre deux jours historiques. Après l’annonce, du retour de Lotus et du sauvetage de Sauber, abandonnée par BMW mais reprise par des investisseurs suisses, on a assisté hier à un coup de théâtre dans l’affaire du crash volontaire de Singapour l’an dernier (voir page suivante). Moins d’une semaine après que le président Carlos Ghosn a marqué son soutien à Flavio Briatore, l’écurie française intentant même un procès à la famille Piquet pour diffamation, Renault a fait machines arrière toutes. Face à la multiplication des preuves et témoignages de culpabilité, le constructeur au losange s’est, enfin, désolidarisée de celui qui était son directeur sportif depuis 2002. " Le ING Renault F1 ne contestera pas les récentes allégations de la FIA concernant le GP de Singapour 2008", déclare Renault dans un communiqué officiel. " L’écurie indique que son directeur général, Flavio Briatore, et son directeur exécutif, Pat Symonds, ont quitté l’écurie."

Renault plaide donc coupable. Oui, son team de F1 a bel et bien triché lors du GP de Singapour 2008 en demandant à Nelsinho Piquet de se crasher volontairement au 14e tour pour faire intervenir la voiture de sécurité et favoriser la victoire de son équipier Fernando Alonso. Une stratégie antisportive, une tricherie odieuse, un plan machiavélique et dangereux que le jeune pilote Brésilien a fini par révéler.

Non pas qu’il soit dévoré par les remords, mais pour se venger d’avoir été remercié par son manager et patron d’écurie Flavio Briatore en juillet dernier. Œil pour œil, dent pour dent.

Flavio Briatore ne se doutait certainement pas qu’en virant Piquet Jr à l’issue du GP de Hongrie, il venait de se mettre la corde au cou. Avant de prendre sa retraite, Max Mosley aura donc eu la peau de Ron Dennis puis quelques mois plus tard de Flavio Briatore, deux des dirigeants les plus influents de la Formule 1. En coupant elle-même les têtes des deux principaux présumés coupables (avec Nelsinho Piquet ayant reçu l’immunité pour avoir tout balancé), en ayant à l’avance fait le procès de ses hommes, l’écurie Renault espère obtenir la clémence du Conseil Mondial de lundi prochain.

Et sauver, sans doute, sa place en F1. A défaut de la morale


Alain Prost pour sauver les meubles ?Refusant tout commentaire avant son procès de lundi, Flavio Briatore a donc été forcé de quitter son poste à la tête d’un team Renault F1 risquant néanmoins encore gros. "Le président de la FIA a déclaré que c’était plus grave que de tricher. Je m’attends donc à une sanction plus lourde que les 100 millions de dollars infligés à McLaren pour espionnage ou l’exclusion du WRC de Toyota", a indiqué Patrick Head. En attendant le verdict de la FIA, Renault est à la dérive. Plusieurs noms ont déjà été cités pour reprendre le rôle de capitaine de l’écurie : Cédric Vasseur, patron d’ART en GP2, mais aussi l’ex-quadruple champion du monde Alain Prost qui avait dirigé sa propre écurie de 1997 à 2001. La Fédération internationale de l’automobile (FIA) a confirmé dans un communiqué que l’audition devant le Conseil Mondial de l’écurie Renault F1, suspectée de tricherie au Grand Prix de Singapour en 2008, aurait lieu le lundi 21 septembre. O.d.W.

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