"Pour sauver l’équipe"

Officiellement, pour tenter de sauver ce qu’il reste de son honneur, Flavio Briatore a donc donné sa démission. C’était sans doute cela ou bien il prenait la porte. Le président de Renault, Carlos Ghosn, ne pouvait plus fermer les yeux plus longtemps face à la déferlante négative dans la presse.

Olivier de Wilde

Officiellement, pour tenter de sauver ce qu’il reste de son honneur, Flavio Briatore a donc donné sa démission. C’était sans doute cela ou bien il prenait la porte. Le président de Renault, Carlos Ghosn, ne pouvait plus fermer les yeux plus longtemps face à la déferlante négative dans la presse.

Plutôt que de s’en aller la tête basse, sans dire un mot, Flavio Briatore tente encore de faire croire au geste chevaleresque du capitaine se sacrifiant pour son équipe. "Je suis parti pour essayer de sauver l’équipe. C’est mon devoir, ma responsabilité", a déclaré au "Daily Mirror" celui que la légende française du sport automobile, Henry Pescarolo, a traité publiquement de "mafieux" lundi sur les ondes d’"Auto-Critiques", une émission d’Eurosport.

Sans doute le play-boy italien pensait-il aussi sauver son équipe F1 voici un an en arrangeant la victoire de Singapour, la première d’une saison assez catastrophique pour Renault. Mais au bout du compte, ses manipulations ont eu l’effet inverse. Et si Renault a souhaité se décharger d’une partie de ses responsabilités en virant les deux principaux instigateurs de ce malheureux stratagème, le constructeur n’échappera pas au procès de lundi prochain. Contrairement, visiblement, à Flavio Briatore, qui ne se présentera pas devant le Conseil mondial. "C’est un coup dur pour la marque", a reconnu, hier matin, sur les ondes de RTL, Patrick Pelata, le directeur général de Renault avouant que la question de savoir si le constructeur français allait poursuivre son engagement en F1 "n’était pas le débat actuel. On analysera cela calmement".

D’abord, il faut savoir si elle y est encore autorisée. "La punition pour des faits aussi graves peut aller jusqu’à l’exclusion à vie du championnat F1", a déclaré le président de la FIA, Max Mosley.

S’il faut une sanction exemplaire pour que ce genre d’histoire ne se répète jamais, la FIA peut aussi difficilement se priver d’un troisième grand constructeur après les retraits de Honda et de BMW. En plus des têtes des principaux coupables, d’une grosse amende et d’une éventuelle exclusion des Championnats 2008 et 2009, la FIA pourrait négocier en coulisses la garantie que Renault reste en F1 en échange d’une relative clémence.

Par contre, si la marque française devait s’en aller de toute manière, le coup de marteau pourrait être nettement plus dur. Et l’amende plus salée. Tout s’arrange en F1...