Petit procès entre amis

Tout est mal qui finit bien pour Renault dans l’affaire du crash volontaire de Nelson Piquet pour favoriser la victoire de son équipier Fernando Alonso lors du GP de Singapour 2008, il y a tout juste un an. Réuni hier en session extraordinaire, le Conseil mondial de la FIA, présidé pour la dernière fois par Max Mosley, a rendu son verdict.

Olivier de Wilde
Petit procès entre amis
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Tout est mal qui finit bien pour Renault dans l’affaire du crash volontaire de Nelson Piquet pour favoriser la victoire de son équipier Fernando Alonso lors du GP de Singapour 2008, il y a tout juste un an. Réuni hier en session extraordinaire, le Conseil mondial de la FIA, présidé pour la dernière fois par Max Mosley, a rendu son verdict. Le jury a fait preuve de la sévérité requise en ce qui concerne le directeur sportif démissionnaire Flavio Briatore. A la base de cette machination, le tricheur italien, absent lors de l’audience, a été condamné à ne plus jamais approcher de près ou de loin le monde de la course automobile. La F1 ne pleurera pas ce flambeur ayant lancé quelques carrières et ruiné bien d’autres et qui clamait haut et fort son désintérêt pour cette compétition. Il a beaucoup joué au poker menteur de la F1 et, cette fois, il a perdu.

Le plus important est celui de la F1 dont l’intégrité a été bafouée. Pour qu’une telle duperie ne se reproduise plus jamais, il fallait une sanction exemplaire. "Le Conseil mondial considère que l’ampleur de la faute mérite une exclusion définitive du Championnat du Monde de F1," a indiqué la FIA.

Mais comme on est en F1, que la FIA et la F1 ont besoin de Renault après avoir déjà perdu Honda et BMW, il a été décidé "qu’en raison de la collaboration de Renault, plaidant coupable après avoir viré les deux instigateurs à l’origine du complot, la disqualification à vie ne sera effective qu’en cas de récidive d’ici à la fin 2011."

Autrement dit, comme McLaren dans l’affaire du mensonge de Lewis Hamilton plus tôt cette année, Renault n’écope d’aucune pénalité, ni financière ni sportive. Pas sûr que Force India s’en serait tiré à aussi bon compte Une Renault ne pourra plus se crasher volontairement durant les deux prochaines années. Compte tenu de la gravité des faits, un sursis à vie aurait sans doute été plus crédible.

En attendant, le verdict, tacite, le plus important de ce procès est que Renault restera sans doute en F1. Tout s’arrange dans le grand cirque de Bernie. Sauf pour le "guignol" Flavio dont la dernière marionnette s’est soudainement mise à parler