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Alonso champion: "Merci Michael"

Publié le - Mis à jour le

À voir l'agitation de Felipe Massa, avant et sur la plus haute marche du podium où il effectua quelques pas de samba avec sa combinaison couleurs locales, on aurait pu croire hier soir que c'était lui le nouveau champion du monde de Formule 1 : "Gagner devant mon public, treize ans après Ayrton Senna, pour ma première année chez Ferrari, c'est complètement fou. Je vis le plus beau jour de ma vie. Mon rêve est devenu réalité," s'exclamait le Pauliste après avoir déclenché une véritable hystérie dans des tribunes toutes acquises à sa cause. Agitant le drapeau brésilien lors de son tour d'honneur, debout sur sa monoplace pour ce véritable jour de fête nationale dans son pays, celui à qui Michael Schumacher dit avoir volontairement laissé sa place l'an prochain fut l'auteur d'un week-end parfait : pole et victoire (sa 2e) après avoir mené l'épreuve de bout, Massa n'a jamais été inquiété : "En fait, ce fut la course la plus facile de ma carrière. Je n'ai jamais dû vraiment attaquer. Le comportement de ma Ferrari était idéal. Dommage simplement que Schumi n'était pas avec nous sur le podium. Nous aurions mérité le titre constructeurs autant que Renault. C'est la course. Michael a toujours été positif avec moi. Il va me manquer."

La joie - réelle - de Fernando Alonso semblait plus contenue. Grand favori pour le titre au départ de cet ultime rendez-vous décisif, l'Espagnol n'aurait pas eu l'occasion de croiser une dernière fois le fer avec un Michael Schumacher bien malchanceux en cette fin de championnat. La faute principalement à son équipier Fisichella que l'Italie toute entière doit maudire aujourd'hui d'avoir privé - sans doute involontairement - Schumi d'une 92e et dernière victoire et Ferrari du titre constructeurs.

"Le meilleur pour le futur"

Mais même s'il n'eut pas l'occasion ici de cueillir les lauriers avec grand panache, l'Espagnol avouant lui-même avoir très vite diminué son régime moteur pour assurer un bel accessit synonyme de couronnes pour Renault et lui-même, Fernando n'a certainement pas volé son 2e titre consécutif. "Merci à tous", s'exclama - en français - à la radio du team un Nano très ému lors de son tour de décélération. "Superbe boulot. Merci pour toutes ces années. Ce fut un rêve pour moi de travailler avec vous. Je vous souhaite le meilleur pour l'avenir."

Et le futur pilote McLaren - écurie qui n'avait plus achevé une saison sans le moindre succès depuis dix ans - de craquer. Quelques trémolos dans la voix avant de se reprendre pour sauter dans les bras de mécaniciens le portant en triomphe, encore casqué, vers le podium. "Comme cette course m'a semblé longue, avoua-t-il après avoir relâché la pression. Il ne me fallait certes qu'un point mais je savais qu'en cas d'abandon, de bris de moteur ou d e faute je pouvais encore tout perdre. Ce ne fut donc pas évident. D'autant que derrière il y avait tout un groupe de poursuivants que je devais garder derrière pour offrir le titre à Renault."

Puis, le plus jeune (25 ans) double champion du monde de l'histoire se fit l'ambassadeur de tous ses collègues pour souhaiter bon vent à son grand rival : "Cela a été très chouette pour moi de lutter face à un grand champion comme Michael. J'ai beaucoup de chance d'avoir pu remporter mes deux premiers titres face à lui. Ils n'en ont que plus de valeur et je l'en remercie. Ce fut un plaisir pour nous tous de rouler en F1 contre lui. Maintenant, on lui souhaite tous le meilleur pour sa nouvelle vie."

Bravo Fernando. Un grand champion mais aussi un pilote très humain qui a su oublier ses rancoeurs et ce championnat quelque peu gâché à ses yeux pour laisser partir le septuple champion du monde en paix.

L'Asturiens aussi regrettera peut-être vite le départ à la retraite de celui qui restera encore longtemps le Number One de la F1.

© La Dernière Heure 2006

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