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Moteurs

Alonso, le Phénix de Magny-Cours

O. d.W.

Publié le - Mis à jour le

Présente sur la grille pour chanter la Marseillaise et lancer un vibrant «Vive la Formule 1!» aux 80.000 spectateurs venus soutenir les Bleu et Jaune, Mireille Mathieu avait déjà la même coiffure lors du GP de France 1966, le dernier sans pilote national au départ. Mais comme Carlos Ghosn, nouveau président de Renault, assistant à son premier Grand Prix sur place, la diva, bonne pour La Ferme Célébrités 3, dut se réjouir de voir une voiture française (avec des pneus Michelin) en pole position. Et victorieuse pour la première fois à domicile depuis le succès au Castellet d'Alain Prost voici 22 ans, à l'époque où les monoplaces au losange étaient encore propulsées par un moteur turbo.

Un quadruple champion du monde des mains duquel Fernando Alonso, auteur de sa 5e victoire de l'année, la sixième de sa jeune carrière, reçut son trophée au terme d'un Grand Prix vraiment sans histoire.

Après deux zéros pointés en Amérique du Nord, Renault et son conquistador ont brillamment repris leur marche triomphale. A l'image de l'oiseau mythologique - mal- dessiné sur le capot arrière de sa R 25 et renaissant de ses cendres après avoir été brûlé, l'Espagnol fut bien ce week-end le Phénix de Magny-Cours. Pole et victoire après avoir mené de bout en bout les 70 tours de cette course ennuyeuse, l'homme et sa machine se montrèrent vraiment intraitables.

«J'ai été surpris de voir la facilité avec laquelle je me suis envolé lors des premiers tours, confia après l'arrivée le pilote d'Oviedo, visiblement très peu éprouvé malgré une température de 44 degrés sur la piste.

«Croix rouge pour Silverstone»

«J'ignore réellement pourquoi mais Renault et Michelin étaient vraiment imbattables ici. Au moment de ravitailler pour la première fois, je comptais déjà une demi-minute d'avance. Dès lors, j'ai déjà pu commencer à contrôler tout en gardant un oeil sur les performances des McLaren que je savais sur une autre stratégie que nous. Lors des dix dernières boucles, après mon 3e pit-stop, j'ai vraiment roulé très lentement.»

Au point de s'arrêter presque avant le drapeau à damiers, face à une tribune entièrement garnie d'employés de la marque au losanges. «Je voulais partager mon bonheur le plus longtemps possible avec eux», sourit le matador, évitant ainsi à Schumi, 3e, de se faire prendre un tour. Avant d'ajouter, dans son meilleur français: «C'est un grand jour pour nos supporters et notre président.»

Comme Alonso l'avait déclaré précédemment, avec quatre GP en cinq semaines, juillet sera déterminant dans l'optique du titre mondial. «Je ne pouvais pas mieux commencer le mois. Mais attention, dans une semaine, à Silverstone, les choses risquent d'être nettement plus compliquées. En vérité, nous avons marqué une croix rouge à côté de ce circuit dans notre calendrier car il s'agit d'un de ceux convenant le moins à notre monoplace. Nous ne devrions pas être aussi compétitifs là-bas.»

De quoi sans doute redonner un peu d'espoir aux adversaires de Renault. Et plus particulièrement à la Flèche d'Argent de son principal rival, Kimi Raikkonen, le seul à pouvoir tenir le rythme de Fernando Alonso ce week-end. Mais en partant depuis le 13e rang suite à son bris de moteur de vendredi, le duel à distance était perdu d'avance...

© Les Sports 2005

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