Un nouveau coup dur pour le WEC.

Il fallait s'y attendre. Suite à l'entrée de Lawrence Stroll dans le capital d'Aston Martin et sa future prise de pouvoir sur la firme de Gaydon, cela sentait mauvais pour le programme Hypercar qu'avait lancé la marque britannique avec Multimatic et Red Bull Technologies.

Il faudra finalement encore patienter avant de voir les Valkyrie en WEC et aux 24 Heures du Mans. Le constructeur préféré de James Bond a annoncé que ce retour au sommet de l'endurance est provisoirement mis en veille pour se focaliser sur le programme GTE indéboulonnable et la future arrivée en Formule 1 à compter de 2021 en rebadgant l'écurie Racing Point.

Le principal prétexte trouvé à ce retrait temporaire est l'avènement de la nouvelle réglementation LMDh qui proposera des prototypes tout aussi performants que les Hypercars tout en étant nettement moins chers à exploiter et pouvant, cerise sur le gâteau, courir aussi bien en WEC qu'en IMSA.

"Nous rappelons la volonté d'Aston Martin de concourir pour la victoire au général aux 24 Heures du Mans reste intacte, mais il est vrai que nous nous devons de reconsidérer notre position au vu des changements significatifs du paysage que nous n'avions pas anticipé quand nous nous sommes engagés l'année passée", indique Andy Palmer, président d'Aston Martin Lagonda. "Nous nous étions engagés en pensant que nous allions courir contre des autos de conception similaire à la nôtre. La situation a changé et ça a du sens pour nous d'appuyer sur pause et de reconsidérer nos options."

Du côté du WEC, c'est une nouvelle pilule amère à avaler après l'annonce du retrait de Rebellion Racing : "Ce n’est pas une bonne nouvelle sur le court terme pour le WEC, mais cela ne modifie en rien notre stratégie sur le moyen et long terme", indique Gérard Neveu, directeur général du WEC. "Nous avons toujours Toyota et Peugeot, ainsi que d’autres concurrents, qui ont exprimé leur intérêt pour les Le Mans Hypercar et, avec l’arrivée des LMDh, nous accueillerons de nombreux autres constructeurs. Bien sûr, il aurait mieux valu qu’Aston Martin soit également présent, mais il est important d’avoir un éventail de constructeurs aussi large que possible et c’est le plan stratégique sur lequel nous travaillons pour l’avenir."

Il faudra donc encore patienter avant d'entendre les mélodieux V12 britons chanter dans les Hunaudières. Le dernier classement probant d'une Aston Martin au sommet de l'endurance est la 7ème place de la LMP1 engagée par Kronos Racing (en photo) pour Martin-Ickx-Leinders aux 24 Heures du Mans 2011. Que le temps va sembler long...