Les rares pilotes féminines engagées sur le Dakar veulent croire que leur participation va "aider" la cause des Saoudiennes, face à la polémique suscitée par l’organisation du rallye-raid dans le royaume ultra-conservateur, accusé de violer les droits humains et de réprimer les militantes féministes. 

Elles n’étaient que 13 sur 557 inscrits dimanche à Djeddah pour le départ de la course, un chiffre à peu près stable par rapport aux années précédentes. "C’était surprenant mais je pense que c’est une bonne chose qu’on soit ici au final", affirme la motarde Laia Sanz, qui prend part au rallye pour la 10e fois. "Je suis sûre que c’est positif de montrer à tout le monde ici que les femmes peuvent être compétitives et fortes et je suis contente de représenter les femmes ici", fait valoir l’Espagnole de 34 ans.

L’Arabie saoudite est récemment entrée dans un vaste programme de réformes économiques et sociales qui comprend un assouplissement des interdictions pesant sur les femmes. Mais les femmes saoudiennes restent néanmoins largement sujettes à la tutelle masculine et le gouvernement a accentué la répression contre les dissidents et militantes féministes, dont certaines sont emprisonnées, voire soumises à la torture selon leurs familles et des ONG.

Engagée sur son 12e Dakar, la pilote italienne Camelia Liparoti (photo), 51 ans, se sent investie de la même mission que sa consœur espagnole. "On a la chance d’être femme sportive et de venir (en Arabie saoudite) pour la compétition mais aussi pour montrer qu’il y a des femmes qui font des choses dans un milieu d’hommes", explique l’Italienne, facilement reconnaissable dans le bivouac avec le rose de son SSV, de ses tenues, de ses téléphones et élastiques.

Pour Jutta Kleinschmidt, la seule femme à avoir remporté le Dakar, "une course comme celle-ci peut apporter du changement".

"Moi-même, j’étais plutôt critique car on sait que les droits des femmes ne sont pas respectés (mais) je pense que ça aide", explique l’Allemande, gagnante de l’épreuve en 2001, à l’époque où le rallye se courait encore en Afrique. "Cela peut aider les femmes à prendre confiance en elles", estime-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que l’Arabie saoudite accueille une compétition avec une participation de sportives étrangères. En novembre, les célèbres catcheuses Natalya et Lacey Evans se sont affrontées à Ryad pour le premier combat de catch féminin dans le pays. Mais, contrairement à leurs confrères masculins, elles ont combattu en costumes bien plus couvrants qu’à l’accoutumée.