Neuf ans après son accident en compétition de moto-cross, le Français participe au rallye dans le désert saoudien.

À 20 ans, alors qu’une grande carrière dans le moto-cross lui était promise, le Français Axel Allétru est devenu paraplégique à la suite d’une chute. S’il a perdu l’usage de ses jambes, il n’a pas pour autant renoncé à son rêve de participer au Dakar. Un peu plus de 9 ans après son accident, il a pris, dimanche, le départ du rallye, en Arabie saoudite, en catégorie "SSV" (sorte de quads couverts avec châssis plus large et volant). Son but avoué : finir le rallye. L’objectif est ambitieux pour une première participation et semble presque fou quand on est en fauteuil roulant, avec des attelles au niveau des chevilles et des mollets et des plaques de métal dans le dos.

Plus jeune, Axel Allétru était considéré comme un grand espoir du moto-cross. Il cumulait les titres chez les juniors. "Tout se déroulait bien et malheureusement j’ai eu un accident, le 26 juin 2010, se remémore-t-il. J’ai perdu l’usage de mes jambes sur les championnats du monde de moto-cross en Lettonie. J’avais 20 ans." Sa colonne vertébrale est brisée et il perd 80 % des muscles de ses jambes. Le diagnostic des médecins est pessimiste. "On m’a dit que probablement je ne remarcherai jamais", raconte-t-il.

Une sentence difficile à accepter pour un sportif de haut niveau. Mais Axel Allétru décide de s’inventer une nouvelle vie, de se fixer de nouveaux challenges : il deviendra sportif handisport avec pour objectif les Jeux paralympiques de Rio 2016. Mais avant de viser les JO, encore faut-il pouvoir se tenir debout… "J’ai décidé de me battre pour pouvoir récupérer une autonomie au niveau de mes muscles", explique-t-il. Objectif atteint après deux années de rééducation.

Il se lance alors dans la natation handisport où il excelle et établit plusieurs records de France. Puis en 2016, il parvient à se qualifier pour les Jeux de Rio. Mais il décide ensuite de revenir à ses premières amours : les sports mécaniques. "C’est vraiment ce que j’aime, cette sensation que tu as derrière un volant, que tu as quand tu sautes un virage, l’adrénaline", explique-t-il. Au volant de son SSV adapté, avec une pédale spéciale et un siège baquet spécifique, Axel Allétru concourt aux côtés de son co-pilote François Beguin et peut compter sur une équipe de 25 personnes au total.