Sports Europe, distributeur exclusif des casques de compétition F1 Bell Helmets, a souligné que le champion du monde de Formule Un a changé de marque de casque lors des derniers essais de Barcelone le 25 janvier sans l'avertir et sans indemnités. Or, Sports Europe souligne qu'un contrat d'exclusivité lie Michaël Schumacher et vaut pour toute l'année 2001. Sports Europe demande le contrat soit maintenu jusqu'à fin 2001 et que Michaël Schumacher porte un casque Bell au prochain Grand-Prix, prévu ce week-end à Melboune, sous peine d'une astreinte de 5 millions de francs par jour où une infraction est constatée.

Du côté de Michaël Schumacher, on prétend au contraire que le 25 janvier, au cours d'une conversation téléphonique, une clôture du contrat avait été convenue à l'amiable et sans dédommagements, si ce n'est que Sports Europe continuerait à travailler avec Schumacher, mais dans une bien moindre mesure. Le manager de Michaël Schumacher, M. Weber et son avocate belge, Me Prosman, ont souligné qu'à la fin du mois d'octobre 2000, le coureur automobile avait commencé des essais avec le casque de marque concurrente (Schubert) au vu et au su de Sports Europe et qu'ils auraient dû réagir dès ce moment.

La partie défenderesse - si elle n'affirme pas que les casques Bell pourraient être toxiques (parce que contenant du phénol) ou pourraient porter atteinte à l'intégrité physique du champion de Formule Un - souligne plutôt que le casque concurrent apporte plus de satisfaction et de confort à Michaël Schumacher. Partant de ce constat, elle estime qu'il est impossible, aujourd'hui, d'astreindre le coureur automobile à porter un casque Bell dès jeudi et dimanche pour le premier grand prix de la saison à Melbourne alors que tous les réglages ont déjà été faits.

Le principe même de l'astreinte et de l'obligation à porter un casque Bell est pour la défense une mesure qui va à l'encontre des droits et libertés fondamentales du champion du monde. Elle estime dès lors que le tribunal des référés est incompétent pour connaître cette demande qui doit être débattue devant le juge du fond, précisant que la demande est en elle-même irrecevable et non fondée.

Pour Me Spreutels et Me De Coninck, défenseur de la firme belge Sports Europe, ce sont surtout "les manières et les procédés du manager de Michaël Schumacher et de son avocat allemand qui sont inqualifiables, peu sérieux et particulièrement scandaleux". Me Spreutels dément qu'il y ait eu un quelconque accord de rupture à l'amiable, "chose impensable dans des contrats d'une telle importance". Sports Europe s'explique d'autant plus mal cette rupture que les relations entre Michaël Schumacher et Sports Europe ont toujours été harmonieuses, voire amicales. L'avocat laisse sous-entendre qu'il y aurait sans doute pour le manager du coureur automobile un intérêt financier dans le changement de casque.

Me Spreutels a stigmatisé les procédés déloyaux employés par la firme concurrente Schubert afin "de se glisser dans le monde de la F1". "Ils ont effectué une expertise unilatérale, non contradictoire et n'ont pas hésité à communiquer des résultats fallacieux aux médias, selon lesquels les casques Bell pourraient être toxiques, ce qui est faux et que nous démontrons par une contre-expertise du département toxicologique de la VUB".

L'avocat a promis que les choses n'en resteraient pas là avec "cette marque concurrente qui se verra attaquer en dommages et intérêts". Après avoir évoqué par le détail la chronologie des relations entre Sports Europe et la partie adverse, Me Spreutels a tenté de démontrer qu'il n'avait pas d'autre choix que le tribunal des référés pour régler le litige. Cette demande ne porte nullement atteinte à la sécurité du défendeur, a conclu l'avocat de Sports Europe. (BELGA)