Alors que les principaux teams disputent cette semaine à Barcelone les derniers essais hivernaux avant d’embarquer pour Bahreïn, à un peu plus de deux semaines du premier Grand Prix, on ignore toujours combien d’écuries participeront à la saison 2010 : douze, treize, voire quatorze, impossible de le savoir avec certitude. Parmi les nouvelles formations, seules Virgin (où le champion F2 Andy Soucek a été nommé réserviste à la place de Parente) et Lotus ont déjà effectué des tests et sont sûres de débuter la saison.

En proie à de grosses difficultés financières, l’équipe d’Adrian Campos (qui changera de nom) serait sauvée depuis sa reprise vendredi dernier par l’homme d’affaires Jose Maria Carabante. Ce dernier a nommé Colin Kolles (il a dirigé les équipes F1 Midland, Spyker et Force India de 2005 à 2008) comme responsable du plan de sauvetage du team espagnol. "J’ignore encore comment nous allons faire mais nous aurons deux voitures sur la grille à Bahreïn", assure sur le site d’Adam Cooper (un journaliste britannique basé en Belgique) un Colin Kolles contraint de repartir quasiment de rien. "C’est une histoire folle. J’ai découvert un atelier vide. Il n’y avait rien que du chaos. Le seul département existant est celui de l’informatique avec huit gars n’ayant jamais vu une F1 de leur vie. Hormis deux ou trois ingénieurs, il n’y a rien. Composer une équipe en deux semaines ne sera pas facile. Je vais mettre le Cosworth dans le châssis Dallara et en faire une voiture viable. On va tenter de survivre afin de bâtir quelque chose de plus solide pour 2011." Bruno Senna est assuré de rester dans cette galère. Reste à lui trouver un coéquipier. S’il parvient à récupérer l’argent investi à fond(s) perdu(s) dans USF1 (l’équipe a demandé une dérogation pour débuter en Europe), José Maria Lopez pourrait être celui-là.

Dans l’incapacité de débuter ses essais cette semaine au Portugal faute de pneus, l’écurie serbe Stefan GP a, elle, de l’argent, des monoplaces (ex-Toyota) et presque deux pilotes : "Nous avons déjà un accord avec Kazuki Nakajima et nous nous attendons à signer un contrat avec Jacques Villeneuve", affirme le patron Stefanovic pour appuyer sa candidature. Il ne lui reste plus qu’à recevoir le feu vert de la FIA et des autres teams pour reprendre, dès Bahreïn, la place de USF1. Confiant, le milliardaire serbe a déjà envoyé ses containers de matériel aux portes du désert où les Américains et leur F1 fantôme ne débarqueront de toute façon pas.

Dans une nouvelle rubrique intitulée le "Cheval chuchotant", la Scuderia Ferrari balance sur son site sur l’arrivée (ou les forfaits) de nouvelles petites écuries. Selon elle, le responsable de cette situation n’est autre que Max Mosley. "C’est l’héritage de la guerre Sainte menée par l’ancien président de la FIA. Il a voulu laisser entrer les petits en F1. Résultat : 2 équipes brinquebalantes (Virgin et Lotus), une troisième (Campos) sauvée par une main invisible et la 4e (USF1) portée disparue."