Le Français Jean-Marie Balestre, l'un des hommes forts du sport automobile, à l'origine du formidable essor de la Formule 1, a effectué son dernier tour de piste quelques jours avant son 87e anniversaire.

"C'est une perte immense pour le sport automobile. Il avait toujours su porter haut la voix des institutions qu'il a dirigées. Il restera notamment pour son action en faveur de la sécurité des pilotes", a déclaré le président de la Fédération française du sport automobile (FFSA) Nicolas Deschaux en apprenant son décès.

Pendant vingt-trois ans de règne, près d'un quart de siècle, Jean-Marie Balestre aura marqué le sport automobile français et mondial d'une formidable empreinte. "Il avait été un grand président dans les périodes de grave crise pour le sport automobile", rappelle M. Deschaux, "d'abord en 1973 lorsque le sport automobile s'est arrêté à cause de la crise pétrolière. Il a fait en sorte, grâce à son influence et à son énergie, que les pouvoirs publics acceptent la reprise des compétitions. Puis une deuxième fois après le vote de la loi Evin (1991), il a réussi à lever un fonds de compensation pour pallier la perte de la publicité pour le tabac".

Ancien journaliste qui cumula toute sa vie les postes et les honneurs, Balestre n'a jamais voulu jouer un rôle de despote. "Je n'ai jamais été un dictateur. Le pouvoir ne sert qu'à appliquer un programme". Sans lui, le sport automobile, la Formule 1 en particulier, n'aurait pas connu l'essor, l'engouement actuel. Tout le monde en est conscient. Et d'abord Bernie Ecclestone, l'actuel patron de la Formule 1, qui s'opposa violemment à Balestre au début des années 80, avant d'accepter son autorité qui se mua au fil des ans complicité.

Pour beaucoup toutefois, et notamment les pilotes, Jean-Marie Balestre restera comme le "Monsieur Sécurité". Les plus "grands", Piquet, Mansell, Prost et même Senna rendirent hommage à maintes reprises aux décisions du "Président" : interdiction des jupes sous les voitures, introduction de la capsule de survie, obligation du crash-test...

"C'est toujours quand les gens s'en vont que l'on prend conscience de l'importance qu'ils avaient, du vide qu'ils vont laisser. Président, je veux vous dire merci du fond du coeur pour tout ce que vous avez fait pour le sport automobile français", lui avait dit Alain Prost, le 10 décembre 1996, lors de la dernière remise des prix de la FFSA présidée par Jean-Marie Balestre.

Mais, paradoxalement, le meilleur souvenir du "Président" était un évènement "hors-circuit". "C'est la création de l'Auto-Journal en 1950 avec Robert Hersant, le plus grand patron de presse", soulignait Balestre.

© La Libre Belgique 2008