Et Ferrari refusa le combat
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Et Ferrari refusa le combat

O. d.W.

Publié le - Mis à jour le

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ITALIE OLIVIER DE WILDE

MONZA En Autriche, Jean Todt avait arrangé le coup pour Schumi dans la crainte prétendait-il d'un retour de la concurrence au championnat. Au Nürburgring ensuite, il avait demandé à son n°1 de lever le pied pour racheter sa faute et renvoyer l'ascenseur à Rubinho. En Hongrie, l'Allemand se força à ralentir derrière son dévoué équipier pour favoriser sa fuite vers le titre de vice-champion. Et à Monza hier, pour la quatrième fois de la saison, Jean Todt faussa en quelque sorte le résultat en n'autorisant pas ses pilotes à lutter pour la victoire et en figeant des positions très serrées à 16 tours de l'arrivée pour ne pas risquer de gâcher la fête de Ferrari et de -seulement- 60.000 tifosi. Tout le monde ne partage pas sa conception du sport et d'une fête trop programmée, pas assez spontanée pour rester inoubliable. Même si, comme le veut la tradition ici, une incroyable marée rouge a inondé la piste quelques instants après le drapeau à damiers pour saluer le treizième succès et le 7e doublé Ferrari de la saison.

`Hormis peut-être aux 500 Miles d'Indianapolis, je n'avais jamais vu autant de monde´, s'exclamait le petit Brésilien après la 4e victoire de sa carrière, la troisième devant un Schumacher muselé qu'il attendit dans les derniers tours pour la photo de famille. `Aussi loin que portait mon regard, il y avait des tifosi. C'est incroyable de gagner ici, chez nous, devant nos supporters. Je n'ai jamais ressenti autant d'émotion, de soutien et de chaleur humaine. Sur le podium, je me prenais pour une rock star lors d'un concert. J'avais envie de sauter dans la foule en délire. On va maintenant pouvoir profiter que la plupart des membres de l'équipe sont là pour célébrer ce triomphe ce soir tous ensemble.´

Sur la course proprement dite, le Pauliste, plus proche que jamais de la couronne de vice-champion, n'avait pas grand-chose à raconter. `Plus léger, je suis mieux parti que Michael gêné par Montoya. Je l'ai doublé au premier freinage. Puis, à la fin du 4e tour, il y a eu un peu de confusion devant avec l'explosion du moteur de Ralf, et j'en ai profité pour prendre le commandement. Il ne me restait dès lors plus qu'à espérer que ma stratégie soit la meilleure.´

Une tactique discutée la veille après les essais `entre nous. On en a discuté avec Ross Brawn. Il est normal que celui qui part le plus loin opte pour une stratégie favorisant les dépassements,´ confiait Barrichello.

Et il fut confirmé lors du briefing aussi que, comme de mauvaise habitude, celui qui serait devant après le second arrêt aurait course gagnée. `Je savais que ce serait très serré´, confiait un Michael Schumacher savourant cette deuxième place et la communion avec un public tout acquis à la cause. `A une seconde près, c'est moi qui étais devant. On s'est tous les deux donnés à fond en début de course. Je connaissais les règles du jeu. Bravo à Rubens. Même si je ne l'ai volontairement pas attaqué et si j'ai fortement soulagé sur la fin, il a mérité ce succès. Nous rêvions de ce doublé ici. L'ordre n'a pas d'importance.´

Les puristes regretteront toutefois que, faute d'adversaire, ce GP d'Italie se résume à une nouvelle course d'équipe de Ferrari.

© Les Sports 2002

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