Moteurs

La région de Francorchamps n'avait jamais connu un mardi aussi animé. Plusieurs milliers de spectateurs ceinturaient, en effet, déjà les parties accessibles du circuit, hier, à 9 h, pour voir le Hollandais Guido Van der Garde effectuer au volant de sa Spyker le premier tour d'une F1 à Francorchamps depuis le 11 septembre 2005. Et, d'emblée, les rugissants V8 mélangés à la voix du speaker Christian Lahaye nous plongèrent dans l'ambiance bien particulière du Grand Prix de Belgique, de retour le 16 septembre prochain.

Une répétition générale grandeur nature s'étalant sur trois jours d'essais dits privés. Un pur bonheur pour un public venu en famille découvrir la F1 à moindres coûts. A 23 euros, parking compris, pour huit heures de grand spectacle seulement interrompu par quelques drapeaux rouges, l'attraction spadoise, encore à tester aujourd'hui et demain, vaut vraiment le détour. Car même si onze monoplaces seulement sont autorisées à prendre la piste (une par team), elles ont pour la plupart bouclé hier la distance de deux courses lors d'une journée ensoleillée. Autrement plus que lors d'un vendredi ou d'un samedi de GP ! De quoi gaver le public de passages à couper le souffle dans le Raidillon. Assurément de beaux souvenirs de vacances...

Hamilton à l'avance

D'autant que les personnes présentes ce mardi (entre 6 000 et 8 000 selon des organisateurs optimistes) eurent droit à une belle surprise en voyant évoluer le leader du championnat du monde Lewis Hamilton, que les responsables de la communication de McLaren annonçaient seulement jeudi. Sans doute pour tromper les paparazzi... Les fans n'auront malheureusement pas eu beaucoup l'occasion de voir la peau du pilote redonnant des couleurs à la F1.

Très incisif en piste, la jeune star britannique, plus inaccessible que lors d'un GP, ne quitta pas de la journée un stand transformé en véritable bunker par l'écurie à l'étoile d'argent. Même pour manger. Et comme les nouveaux stands sont désormais équipés de toilettes, les chasseurs d'autographes ne l'aperçurent qu'au moment où il quitta Francorchamps, le meilleur temps en poche (1.46.613 à 236 km/h de moyenne) pour rejoindre un jet privé le ramenant à Londres.

A quelques coupures de courant près, les représentants des teams semblaient agréablement surpris par les gigantesques nouvelles infrastructures du plus beau circuit du monde. "On est nettement plus à l'aise pour travailler qu'avant", se réjouissait-on chez Renault.

Les pilotes aussi se disaient globalement ravis des aménagements apportés à la piste. "La nouvelle chicane est plus intéressante. Plus étroite, avec peu de grip, elle permet de faire un peu plus la différence. J'aime bien", confiait le réserviste de Honda, Christian Klien. "Par contre, je préférais raser le mur à la sortie de la Source".

Seul hic, une entrée de pitlane pourtant déjà élargie. "Là, ce n'est pas bon, assurait Nico Rosberg. Si on ne la modifie pas, il va y avoir un problème, c'est sûr, car l'entrée est trop étroite et il n'y a aucune visibilité à l'entrée à cause du mur. Si un concurrent est arrêté, ce sera le crash". "Tout à fait d'accord, confirmait son collègue autrichien. C'est vraiment dangereux. Il va falloir remédier à cela..."