En partant du principe que Mercedes l’a mis à disposition de ses écuries-clientes pour le Grand Prix de Grande-Bretagne, nombreux sont ceux qui imaginaient Estéban Gutiérrez se glisser dans le baquet laissé vacant par Sergio Pérez chez Racing Point ce week-end. Mais le Mexicain est visiblement tombé sur l’inflexibilité de la FIA qui a refusé de le laisser courir vu qu’il n’a plus disputé le moindre GP depuis 3 ans et demi, et n’a pas réalisé suffisamment d’essais privés pour garder sa super-licence à jour. La tuile…

C’est finalement un ancien grand espoir allemand, qu’on croyait définitivement perdu pour la F1, qui revient par le soupirail : Nico Hülkenberg. La veille, nul n’imaginait voir le vainqueur des 24 Heures du Mans 2015 revenir dans l’écurie qu’il a fréquenté pendant cinq saisons quand celle-ci s’appelait encore Force India. Tout d’abord parce que le Teuton, qui devait initialement courir en ADAC GT ce week-end, devait passer un test PCR négatif pour accéder à la « bulle » du paddock. Même si Michael Masi, le directeur sportif de la F1, a admis qu’il était prêt à se montrer plus coulant, il y a des obligations sanitaires impossibles à outre-passer. Ensuite, parce qu’il a fallu adapter en un temps record le cockpit de la RP20, Hülkenberg étant nettement plus grand que son copain Pérez.

D’un point de vue sportif, Hülkenberg écrase largement le pilote contre lequel il était en ballottage pour le baquet de la Racing Point. En 2013, Nico et Gutiérrez furent équipiers chez Sauber. Tandis que l’Allemand portait l’équipe à bouts de bras en inscrivant la bagatelle de 51 points, le Mexicain n’en a marqué que 6 et n’a battu qu’une seule fois son voisin de garage en qualifications. Par la suite, Gutiérrez fut à nouveau balayé par Adrian Sutil puis par Romain Grosjean. N’en déplaise aux éternels justiciers du web qui s’insurgent derrière leurs écrans d’un tel qualificatif, il n’y a aucune honte à taxer Estéban de « médiocre ».

A Silverstone, celui qui a été remplacé par Esteban Ocon chez Renault devra d’abord comprendre la RP20, qualifiée de Mercedes rose par ses détracteurs, et qui n’adopte pas la même philosophie technique que les anciennes Force India. Face à Lance Stroll qui connaît en revanche la flèche rose sur le bout des doigts, la comparaison promet d’être intéressante. Rien que l’idée de voir Hülk viser ce podium qu’il n’a jamais pu atteindre au cours de ses 177 tentatives précédentes en fait déjà glousser plus d’un. Mais le grand blond n’a rien à perdre, soit la position la plus confortable pour un pilote. A lui de faire honneur au statut d'underdog, soit un pilote talentueux mais bridé par son matériel, qu'on lui prêtait jadis...