La piste actuellement privilégiée par Ross Brawn (Liberty Media) avec le maintien d'un calendrier de 18 à 19 GP

Quand la saison de F1 2020 pourra-t-elle enfin démarrer ? Même si ce n'est actuellement pas la priorité, on en est bien conscients, les dirigeants de Liberty Media planchent quotidiennement sur les calendriers et les possibilités de recaser un maximum de courses encore en 2020. Comme le font tous patrons d'entreprises même si ce n'est pas de première nécessité. Oui, la F1 comme les autres disciplines du sport auto ou tous les sports, ne sont pas nécessaires. Comme c'est le cas de plus de la moitié des sociétés dans le monde, comme le tourisme, les parc d'attractions, les vêtements, les jouets, les produits de haute technologie, les parfums, le luxe etc.

Mais à côté de cela, la course automobile fait vivre des dizaine de milliers de gens dans le monde que ce soit les circuits, les teams, les fournisseurs, les organisateurs. Il est donc logique qu'eux aussi soient très inquiets pour leur emploi. D'autant que pour la plupart, leur modèle économique dépend de l'implication des constructeurs, des sponsors et de centaines de milliers de spectateurs. Ils vont donc subir de graves conséquences de cette crise planétaire, c'est certain.

Quatre teams en danger

Selon Zak Brown, patron de McLaren F1 ayant déjà imposé des restrictions salariales à ses deux pilotes (Carlos Sainz Jr et Lando Norris), quatre écuries seraient en danger immédiat si les courses ne reprennent pas rapidement, voire pire, si le championnat 2020 passe carrément à la trappe. On songe à Williams, Alpha Tauri, Alfa Romeo et peut-être Racing Point même si l'avenir de cette dernière dépend uniquement de milliardaires.

Beaucoup de teams ont besoin de l'argent de la FOM (Formula One Management) pour vivre et aujourd'hui survivre. Les gains de la F1 sont en effet redistribués aux dix équipes de F1 selon un savant pourcentage tenant compte de leur ancienneté, leur prestige, leur palmarès et leur classement au dernier championnat. Cet argent (on parle de centaines de millions), la FOM l'obtient essentiellement grâce aux droits de plateaux (le prix à payer pour obtenir un GP oscillant entre 5 et 20 millions selon les pays) mais surtout aux droits de retransmissions télé, la F1 étant un spectacle planétaire regardé par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs.

Pour éviter la catastrophe financière, le retrait de sponsors et la rupture de plantureux contrats télés, il est impératif que le cirque se remette à tourner au plus vite.

Déjà 9 GP annulés ou reportés

En attendant, après l'annulation ou le report de déjà 9 des 22 GP initialement prévus, le dernier étant le Canada mi-juin, les teams se sont mis d'accord, au terme d'une video-conférence, de prolonger de deux semaines la fermeture des usines, soit de 21 (les trois semaines de pause estivale avaient été avancées) à 35 jours. Ce qui permet à tout le monde de mettre son personnel au chômage économique.

La question maintenant est de savoir quand et où pourra avoir lieu la reprise. On à l'impression que l'échéance est sans cesse repoussée. On espérait juin mais, même si la date du GP de France (28 juin) est officiellement toujours maintenue, Ross Brawn a, mercredi soir, évoqué l'espoir d'une reprise en juillet lors d'un entretien accordée à Sky Sports.

Pas mal d'observateurs ont avancé la possibilité d'un redémarrage à Silverstone mi-juillet, un circuit emblématique à proximité des bases de sept des dix écuries.

« Car le principal souci auquel on sera confronté pour la reprise sera la circulation du personnel et du matériel, » indique Brawn envisageant toutes les pistes y compris celle de premiers GP à huis-clos. « On pourrait rester entre nous, voyager en charters de circuit en circuit après avoir été tous testés négatifs, » indique le Britannique travaillant pour les Américains de Liberty Media. « Il est en tout cas plus que probable que la relance se fera en Europe. »

Des GP sur 2 jours

L'Autriche est aussi une possibilité tout début juillet. Helmut Markko a même proposé, comme le directeur du circuit de Silverstone, d'y disputer deux courses. Et l'Autriche devrait être un des premiers pays déconfinés, sans doute la semaine prochaine. « Le problème ce seront les voyages. On ne peut pas imaginer que chaque membre de team doive passer une période de quarantaine pour passer d'un pays à l'autre. »

Les courses à huis-clos poseraient un autre problème. Celui des rentrées pour les organisateurs qui ne pourraient mettre sur pied les courses que si l'ensemble des coûts sont pris en charge par Liberty Media. Plus question bien sûr de payer des droits de plateaux. « Ce serait un peu triste bien sûr de disputer des GP devant des tribunes vides, mais il ne faut pas oublier que la F1 est un spectacle regardé sur place par 100.000 personnes, mais par des centaines de millions dans leur canapé dans leur salon. On pourrait distraire des millions de personnes, certaines peut-être encore confinées. »

On le voit, les droits télés sont une priorité. Pas question aujourd'hui d'abdiquer et de tout remettre à 2020 comme le suggéraient Bernie Ecclestone ou Jacques Villeneuve.

Un maintien de 18 ou 19 GP

« Si on démarre en juillet, on pourrait encore disputer 18 ou 19 GP en 2020 en roulant à chaque fois trois semaines d'affilée puis en faisant une pause d'un week-end, » estime Ross Brawn. « Pour soulager les équipes, on est prêts, surtout pour les GP hors Europe demandant de plus longs voyages, à passer sur un format de GP sur deux jours. Il est quasi acquis aujourd'hui que la saison se prolongera jusqu'en décembre. Janvier pourrait aussi être une possibilité. Mais empiéter sur 2021 poserait évidemment quelques autres problèmes. »

Notamment au niveau des contrats des pilotes.

Octobre date-butoir pour maintenir un championnat 2020

Si l'on interdit encore les voyages durant l'été, une reprise en septembre est encore possible. « La date butoir est octobre, » indique Brawn. « Un championnat du monde de F1 doit comprendre un minium de 8 courses. Ce serait encore possible d'organiser cela sur trois mois. »

Mais là on est déjà plus au Plan B, mais déjà au C ou D.

Ce qui semble certain, c'est que la F1 fera tout pour ne pas annuler la campagne 2020. Il en va de la survie non pas de la discipline qui reste forte, mais bien de quelques écuries.

On peut mener le même raisonnement pour plusieurs circuits qui ont vraiment besoin que les activités (même uniquement des tests dans un premier temps) puissent reprendre au plus vite pour éviter la faillite. C'est particulièrement vrai pour les plus petits tracés ou les pistes de karting dans le même cas que beaucoup de restaurants : « Devoir fermer un mois c'est dur, deux ce sera très dur, trois on est morts, » a récemment indiqué le patron d'une piste française.