La saison qui s’ouvre ce jeudi est marquée par plusieurs changements. Présentation.

La F1 est repartie pour un tour. La saison débute par le Grand Prix d’Australie dans une ambiance aussi anxiogène que dans d’autres disciplines en raison de l’épidémie de coronavirus (voir par ailleurs), qui a déjà des conséquences puisque le Grand Prix de Bahreïn se disputera à huis clos le 22 mars prochain quand celui de Chine qui devait avoir lieu le 19 avril a été reporté.

Mais elle n’empêchera visiblement pas la saison de rédémarrer. Avec plusieurs changements majeurs à découvrir.

Nicholas Latifi, le seul roo kie

Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait vu qu’un seul débutant en F1 en début de saison. En gros, on prend les mêmes et on recommence avec 90 % du plateau identique à 2019 et même zéro transfert puisque Robert Kubica (ex-Williams) roulera désormais en DTM avec BMW en plus de son rôle de réserviste chez Alfa Romeo, tandis que le revenant Esteban Ocon remplace Nico Hulkenberg chez Renault.

Vice-champion en 2019 derrière Nyck De Vries pour sa quatrième saison en F2, Nicholas Latifi doit plus sa présence en F1 à la surface financière de son père, émigré iranien qui a fait fortune dans l’alimentaire avec des moyens estimés à 4,4 milliards de dollars, qu’à son talent pur. Mais le Canadien ne fera pas plus tache en Grand Prix que son compatriote Lance Stroll, autre fils de milliardaire.

S’il n’a pas la vitesse de pointe de son jeune équipier George Russell, c’est un très gros bosseur et un pilote régulier. Ne lui donnons donc pas trop vite la lanterne rouge. Lors des tests de Barcelone, en tout cas, l’ex-réserviste de Williams ayant opté pour le n°6 était loin d’être le dernier.

Le Vietnam, 33e nation hôte

Le Grand Prix dans les rues de Hanoï, deuxième plus grande ville du Vietnam, sera LA grande nouveauté de la saison. Prévue le 5 avril, la course apparaît toutefois menacée par l’épidémie de coronavirus. Avec 23 virages et deux tiers de son tracé utilisant des routes urbaines, ce nouveau Grand Prix asiatique (pour remplacer la Malaisie) promet d’être chaud et physique. Mélange entre Singapour et Baku, la course devrait flirter ici avec la limite des deux heures.

DAS pour Mercedes plus "avioni ques" ?

DAS pour "Dual Axis System", une direction à deux axes. C’est le système révolutionnaire développé par Mercedes pour cette seule saison puisque la FIA a déjà déclaré qu’il serait interdit en 2021.

En attendant, Lewis Hamilton et Valtteri Bottas pourront bénéficier d’un avantage estimé à deux dixièmes de seconde par Helmut Marko, le conseiller de Red Bull.

© AFP

La plupart des ingénieurs des équipes rivales ont cru halluciner en voyant les pilotes Mercedes tirer sur leur volant en ligne droite comme sur le manche d’un avion.

Le système permet de régler ainsi le parallélisme des roues (enlever la pince) pour réduire la bande de contact avec le sol (et donc l’usure du pneu) et augmenter la vitesse en ligne droite. Avant d’arriver au freinage, le pilote repousse son volant en position normale pour avoir le carrossage souhaité pour les virages.

Les ingénieurs de Mercedes ont planché durant près d’un an sur ce système, qui ne devrait pas être copié par leurs adversaires faute de moyens et surtout de temps.

Plus d’essais privés en cours de saison

Les deux sessions d’essais privés en cours de saison, à Barcelone ou Silverstone (rookies tests), ont été supprimées dans le but de réduire les coûts. Pas vraiment une bonne nouvelle pour les débutants et les réservistes comme Stoffel Vandoorne, qui devront se contenter d’essais en simulateurs ou lors des deux jours de tests d’après-saison à Abu Dhabi.

Pirelli augmente la pression

Afin de contrôler l’avancée technologique et l’augmentation des performances des monoplaces, Pirelli a décidé d’augmenter la pression minimale obligatoire de ses pneumatiques.

Poids augmenté et lest dans l’habitacle

Le poids minimum des F1 a été légèrement augmenté et est passé à 746 kg pilote à bord. Le pilote doit peser 80 kg minimum avec son équipement et son baquet.

S’il est au-dessus de ce poids, on va lui demander de maigrir. S’il est au-dessous, du lest en plomb sera placé désormais uniquement dans l’habitacle pour diminuer l’handicap des poids lourds et éviter que les pilotes ne fassent des régimes de mannequins.

Moins d’électronique au départ

Désormais, 90 % du couple moteur est géré via les palettes d’embrayage au volant actionnées par le pilote, qui gère beaucoup plus lui-même la qualité de ses départs.

Un second débimètre d’essence

Suite aux nombreuses suspicions quant au respect du débit d’essence maximal par tour (110 kilos maximum de carburant par GP), la FIA a décidé d’imposer un deuxième débimètre sur toutes les F1.

Mais à quoi bon si les irrégularités de certains privilégiés ne sont pas sanctionnées et se règleraient en coulisses… À noter que la quantité d’essence autorisée en dehors du réservoir passe de 2 litres à 0,25 litre.

AlphaTauri

C’est le nouveau nom donné à l’écurie de Faenza Toro Rosso.

Moteur : Passage de 2 à 3 MGU-K

Suite au passage à la base à 22 GP, la FIA a autorisé les teams à utiliser un générateur cinétique (MGU-K) en plus par rapport à l’an dernier. Mais quid si, après la Chine, le Vietnam et Bahreïn sont annulés en raison du coronavirus ? Pour le reste rien ne change avec toujours trois moteurs à combustion interne (ICE), trois MGU-H (générateur thermique), trois turbocompresseurs ainsi que deux batteries et deux unités de contrôle électronique.

50 % d’huile en moins

Afin d’éviter que certains utilisent l’huile comme un combustible, et non uniquement pour lubrifier, refroidir et ralentir l’usure du moteur, la quantité d’huile autorisée est passée de 0,6 litre pour 100 km à 0,3 litre.

Le revenant Ocon

Après une année sabbatique horrible sur le plan mental qui l’a aussi "cassé physiquement" tant il a été exploité chez Mercedes, où on lui demandait de faire des heures supplémentaires dans le simu, le Français est de retour chez Renault aux côtés de Daniel Ricciardo.

Son ambition est double : rivaliser rapidement avec son illustre équipier et signer son premier podium en F1. Avec un contrat de deux ans en poche, le jeune loup dont les dents raclent la piste n’aura pas trop de pression.

Tarzan, 35 ans après

Grâce à la Verstappen Mania, nous aurons droit début mai à un second GP dans le Benelux avec le retour très attendu à Zandvoort, où la F1 n’a plus mis une roue depuis 1985. On a consenti d’énormes travaux d’aménagement pour que le circuit tracé dans les dunes, en bord de mer du Nord, réponde aux exigences modernes de la FIA.

Les Néerlandais en ont profité pour donner un caractère unique (pour l’Europe) à leur circuit avec deux bankings de 32 %, soit un dénivelé de 4,5 m entre le haut et le bas de ces virages auxquels les pilotes de F1 n’ont plus été habitués depuis Indianapolis.

Stoffel Vandoorne réserviste chez Mercedes

Absent des paddocks l’an dernier après deux années en Grand Prix chez McLaren, le pilote officiel Mercedes en Formula E est de retour dans les paddocks des GP de F1, hélas pas (encore ?) dans un baquet mais sur le banc des réservistes de l’écurie sextuple championne du monde.

Après avoir côtoyé Fernando Alonso, le Belge va désormais apprendre de Lewis Hamilton. Alors que le pilote était absent lors des quatre Grands Prix tombant en même temps que la Formule électrique, son rôle sera avant tout de manger du kilomètre dans le simulateur Mercedes.

Présent dans le stand, il sera toutefois prêt à sauter dans la W11 en cas de blessure d’un des titulaires. Peu de chances ? Même si un pilote Mercedes n’a encore jamais raté un GP dans l’ère moderne, n’oublions pas que c’est en tant que trosième pilote que le Courtraisien a sauté au pied levé dans la McLaren F1 en 2016 en remplacement de Fernando Alonso, qui n’avait pas reçu le feu vert des médecins après son gros crash en Australie.

Kubica ne reviendra plus

Après une année de galère et un retour raté chez Williams, le Polonais a préféré arrêter les frais. Il se fera plaisir en roulant en DTM avec BMW tout en assurant le rôle de réserviste chez Alfa. Il a déjà eu l’occasion de piloter la C39 à Barcelone, signant le meilleur temps d’une des journées d’essais hivernaux avec un chrono jamais battu par les titulaires Kimi Raikkonen et Antonio Giovinazzi.

La Chine annulée

La suppression du Grand Prix de Chine programmé en avril a été l’une des premières décisions prises à la suite du coronavirus. On a parlé d’un report en fin de saison, mais cela semble de moins en moins probable car très difficile à organiser sur le plan logistique. Il faudra donc sans doute attendre 2021 avant de retourner à Shanghai. Prévu la semaine prochaine, le GP de Bahreïn sera disputé à huis clos.

"Hul k" parti sans podium

L’Allemand a fait les frais du retour d’Ocon et d’une saison 2019 en demi-teinte, Hulk ayant perdu un peu de sa rage de vaincre. Renault voulait du sang neuf. Nico n’a pas dit ce qu’il ferait en 2020, un rôle de pilote d’essais n’étant pas à l’ordre du jour.