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Moteurs

Francorchamps dans les starting-blocks

Rachel Crivellaro

Publié le - Mis à jour le

Octobre 2002, le monde belge de la formule 1 est en berne. La Fédération internationale de l'automobile (FIA) annonce le retrait du calendrier du championnat du monde du GP de Belgique 2003, en raison de «l'absence d'un accord unanime entre les écuries de courir à Spa-Francorchamps en 2003 sans publicité liée au tabac». Juin 2003, l'espoir semble renaître du côté de Francorchamps.

Réuni mercredi, le Conseil mondial de la Fédération International Automobile (FIA) a établi un programme provisoire, qui comporte 17 dates, en vue du championnat du monde 2004 de Formule 1.

Si le calendrier définitif ne sera probablement pas dévoilé avant octobre, le Grand Prix de Belgique pourrait en tout cas y prendre place. Il serait alors programmé pour le 29 août. Depuis quelque temps, la rumeur voulait que Francorchamps puisse prendre la place du Grand Prix de Saint-Marin - le circuit d'Imola serait en butte à de gros soucis financiers - dont la date - 25 avril - devrait finalement être réservée au GP de Bahrein. A confirmer.

Tabac

Le Conseil mondial de la FIA conditionne toutefois un retour du GP de Francorchamps au réaménagement de la loi belge relative à l'interdiction de la publicité sur le tabac. Ce qui devrait relever de la formalité. Philippe Monfils (MR) et Jean-Marie Happart (PS) ont déposé l'un au Sénat, l'autre à la Chambre, une proposition de loi qui vise à introduire un amendement à la loi de 1997 sur la publicité pour le tabac. Mathématiquement, les Ecolos ne sont plus nécessaires pour faire passer cet amendement.

Pour mémoire, les verts avaient - à l'époque - refusé de voter un projet d'exceptions jusqu'en 2005 à la loi d'interdiction de la publicité pour le tabac (en juillet 2006 la directive européenne qui interdit aussi la publicité et le sponsoring des cigarettiers entrera en vigueur).

Quant aux socialistes flamands, s'ils se disent opposés à un grand prix de F 1 sponsorisé par des cigarettiers, ils n'en feront toutefois pas une affaire d'état. Reste que pour convaincre Bernie Ecclestone, grand argentier de la Formule Un, le ministre wallon de l'Economie - Serge Kubla - s'est engagé à ce que la Belgique prenne en charge l'organisation et le financement du GP. Pour ce faire, il tente pour le moment de monter une structure composée de sociétés privées - Interbrew, le Royal automobile club de Belgique (RACB), RTL-TVI seraient, nous dit-on, intéressés - qui pourraient gérer la commercialisation du grand prix, ce qu'assurait avant Ecclestone.

Le temps presse, il ne reste qu'un an à la Région wallonne pour mettre sur pied cette structure alors que pour ce genre d'événement la billetterie devrait pouvoir fonctionner plusieurs mois à l'avance. La marge apparaît d'autant plus étroite que Serge Kubla dit «ne pas vouloir faire payer le contribuable». La Région wallonne devra toutefois intervenir financièrement, mais elle tentera aussi d'impliquer les autres Régions et le fédéral arguant de l'intitulé «Grand prix de Belgique». Serge Kubla a également pris son bâton de pèlerin pour tenter d'embarquer des entreprises flamandes dans l'aventure.

Mercredi, dans la région de Francorchamps, s'était l'enthousiasme en tout cas qui prévalait. «Devant notre combat, les politiciens se sont tous dit qu'ils ne pouvaient pas ne pas se battre pour sauver le Grand Prix. De plus, c'est aussi la preuve que Bernie Ecclestone et Max Mosley apprécient Francorchamps. Nous sommes vraiment très heureux», a déclaré Régis Coeckelbergs, porte-parole de Collectif de Sauvegarde du Circuit.

© La Libre Belgique 2003

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