Pour David Coulthard, ce dixième Grand Prix sonnait comme celui de la dernière chance. L'Ecossais, vainqueur des deux dernières éditions, n'avait pas le droit à l'erreur... Patatras, le suspense ne dura pas plus loin que le premier virage, instant choisi par le bouillant Trulli pour accrocher le malheureux David. Alors que le Transalpin filait dans le bac à sable avec une suspension irrémédiablement cassée, Coulthard se rétablissait miraculeusement et faisait un petit détour par la ligne des stands avant de revenir en piste, mais derrière le paquet. A cet instant, ses chances de raccrocher le peloton de tête étaient minces, elles s'amenuisèrent définitivement au 3e tour quand, à son tour, la suspension de la McLaren lâcha, envoyant son pilote dans l'herbe grasse et humide du Northamptonshire... Avec aujourd'hui 37 points de retard à six Grands Prix du terme, la messe, sauf accident, paraît entendue. Michael Schumacher coiffera une quatrième couronne de champion du monde, égalant ainsi Alain Prost au palmarès.

Dans la légende de la formule 1, le Baron Rouge aurait déjà pu y entrer ce week-end en égalant le Français au nombre de Grands Prix remportés: 51. Schumacher sait que son heure viendra plutôt tôt que tard et à Silverstone, l'Allemand a surtout voulu placer l'estocade définitive par rapport à David Coulthard.

LA RÉSURRECTION D'HAKKINEN

On l'attendait et, comme une belle dame, elle s'est fait attendre. Qui? Hakkinen. Quoi? Sa première victoire de la saison. Entre malchance et maladresse, le Finlandais avait jusqu'à présent vécu une saison dans l'ombre de David Coulthard. Une situation inédite depuis que les deux hommes sont coéquipiers, c'est-à-dire depuis six saisons, un bail, le plus long de l'histoire de la F 1.

Parti avec une stratégie à deux arrêts, Mika Hakkinen a vite fondu sur Michael Schumacher. Ce dernier, pas sot, ne fit pas de l'excès de zèle et se fit doubler sans sourciller. A partir de cet instant, le Finlandais avait la piste dégagée pour exploiter une McLaren que l'on avait rarement vue à pareille fête cette année.

Rien ne s'opposait, même pas la guigne, à la 19e

victoire de Mika Hakkinen, qui fut accueillie comme une bien maigre consolation par Ron Dennis qui, comme l'année dernière, devra courber l'échine par deux fois - tant chez les pilotes que chez les constructeurs - devant Jean Todt.

WILLIAMS EN RETRAIT

Malgré leur bon départ et la quatrième place finale de Montoya, force était de constater que les Williams-BMW ont évolué un ton en dessous de leurs dernières sorties. La preuve dans la différence de performance entre Hakkinen et Montoya qui avaient adopté la même stratégie. Alors que le Finlandais s'était forgé un viatique suffisant pour ne pas devoir souffrir de son deuxième arrêt, celui-ci pénalisa Montoya qui rétrograda derrière Barrichello.

Fidèle à son image, le Brésilien ne fit pas de vagues mais engrange quatre points qui lui permettent de dépasser Ralf Schumacher à la troisième place provisoire du championnat du monde.

Derrière, les Sauber étonnent de nouveau après un petit passage à vide. Raikkonen et Heidfeld rentrent dans les points à Silverstone, où l'équipe Suisse ne fait jamais - au contraire des équipes anglo-saxonnes - d'essais privés sur ce circuit.

Où étaient les Jordan et les BAR, les deux écuries soutenues par le motoriste Honda? Jarno Trulli a pimenté les essais, certes, mais le pilote Italien, que l'on soupçonne talentueux, n'a pas encore appris à gérer une course sur sa longueur. Frentzen et Villeneuve échouent à la porte des points tandis que Panis était sorti de la route dès le premier virage.

© La Libre Belgique 2001