envoyé spécial à sepang

Coup de tonnerre dans le paddock de Sepang. Après le violent orage tropical inondant la piste hier sur le coup de 15 h, c’est, deux heures plus tard, une "bombe" qui a secoué la salle de presse avec l’annonce de l’exclusion de Lewis Hamilton et de McLaren-Mercedes du GP d’Australie de dimanche dernier.

Alors que, craignant un vice de procédure, Toyota avait décidé la veille de ne pas aller en appel dans l’affaire opposant Jarno Trulli à Lewis Hamilton pour le podium de Melbourne, c’est la FIA elle-même qui a rouvert le dossier en raison d’éléments nouveaux. Et pris une décision radicale.

Pour rappel, l’Italien de chez Toyota avait été privé de son podium et pénalisé de 25 secondes la semaine dernière pour avoir dépassé Lewis Hamilton derrière la voiture de sécurité à trois tours du but. "J’ai glissé et je suis sorti un peu large sous safety card. Lewis en a profité pour me doubler, mais quelques centaines de mètres plus loin, il m’a laissé repasser," racontait un Transalpin se sentant volé. "Je n’avais pas d’autre choix. Je croyais qu’il avait un problème. La FIA a commis une grosse erreur." Qu’elle a réparé hier après avoir entendu une interview accordée à la chaîne américaine "Speed TV" par Hamilton après la course de Melbourne. Un entretien dans lequel le champion du monde a avoué : "J’ai doublé Jarno lorsqu’il avait deux roues hors piste, mais (pour éviter de risquer une pénalité) le team m’a demandé par radio de le laisser repasser, ce que j’ai fait."

Une version fort différente de celle racontée aux commissaires sportifs qui n’ont pas vraiment apprécié ce "mensonge par omission". Et après avoir réentendu hier les deux principaux protagonistes ont décidé d’exclure Lewis Hamilton et son team pour avoir porté préjudice au bon déroulement et au résultat du GP d’Australie en apportant un témoignage volontairement trompeur.

Le team McLaren a accepté une décision contre laquelle elle ne fera pas appel : "C’est nous, sans connaître exactement la situation, qui avons demandé à Lewis de laisser repasser la Toyota", admet Martin Witmarsh, le patron de l’écurie. "Nous pensions que la FIA avait pris sa décision en écoutant les conversations radio, puisqu’ils peuvent y avoir accès. Nous n’avons pas jugé cet aspect important. Nous regrettons la sévérité de la décision, mais cela nous servira de leçon pour les courses à venir."