L'écurie BAR-Honda, 2e du Championnat constructeurs, a soufflé le chaud et le froid, hier à Shanghai, lors des premiers essais libres en vue du 1er GP de Chine. Le chaud avec le temps canon réalisé par leur jeune réserviste britannique Anthony Davidson repoussant tout le monde à l'exception de son équipier Jenson Button (2e à 8 dixièmes) à plus d'une seconde aux commandes d'une monoplace à la livrée exceptionnellement bleue, les couleurs du cigarettier le plus connu dans un pays où l'on compte 350 millions de fumeurs, soit un tiers du chiffre mondial. Un bon coup de pub donc pour 555 et pour un Davidson à la recherche d'une place de titulaire pour 2005. Mais l'écurie de David Richards a également soufflé le froid en voyant le moteur de Takuma Sato partir en fumée en début de seconde séance ce qui signifie pour le Japonais une pénalité de 10 places sur la grille.

Sur une toute nouvelle piste encore très sale et donc très glissante, les chronos du vendredi étaient encore moins significatifs que d'habitude. En règle générale, les pilotes ont surtout essayé de couvrir un maximum de tours afin d'apprendre le tracé, de balayer la trajectoire, mais surtout le plus de réglages possibles afin de trouver le meilleur compromis pour la qualification et la course de demain matin (départ à 8h chez nous).

Un circuit exigeant

Et, en dehors de toutes considérations techniques ou chronométriques, les premières réactions étaient unanimement positives sur le dessin du circuit chinois.

«Cette piste se distingue surtout par son premier long virage qui n'en finit pas. Il sera difficile de maîtriser tous les éléments et d'effectuer le tour parfait», expliquait Fernando Alonso, trois dixièmes devant son nouvel équipier Villeneuve, enchanté par cette découverte. «C'est chouette! Un vrai défi pour les pilotes avec une alternance de portions rapides, lentes et un bon rythme.»

Retardé par un problème de boîtier électronique aux commandes d'une Ferrari souffrant encore d'un sous-virage excessif, Michael Schumacher, 8e à peine, s'amusait bien aussi sur ce circuit «globalement très exigeant avec plusieurs virages dont vous ne voyez pas la corde à l'entrée. C'est excitant et, malgré une journée difficile, je reste totalement confiant. On va revenir à notre place.» Rubens Barrichello, 5e, ne se montrait pas plus inquiet du relatif retrait de la Scuderia: «On va régler cela», assurait un Brésilien confirmant qu'il visait bien les trois derniers succès de la saison. Avant de s'étonner, non sans humour, de l'absence de pilote chinois en F 1. «On prétend que les Brésiliens sont de bons pilotes en raison du trafic à Rio. Mais ici, c'est pire. De la folie! Les Chinois devraient donc être plus forts que nous rayon habilité derrière un volant.»

© Les Sports 2004