Le Canadien Jacques Villeneuve (BAR-Honda) l'a échappé belle. Son terrible accident au 5e tour du Grand Prix d'Australie de Formule 1, dimanche à Melbourne, aurait pu lui coûter la vie. Contrairement à un commissaire, mortellement blessé, le Canadien lui est sorti indemne de sa spectaculaire cabriole.

Comme à Monza (Italie), en septembre dernier, un homme de piste avait été frappé de plein fouet par une roue arrachée de la BAR-Honda qui s'était désintégrée sous la violence du choc.

La monoplace de Villeneuve avait percuté à pleine vitesse, environ 210 km/h, l'arrière de la Williams-BMW de Ralf Schumacher. La BAR-Honda qui décolle, s'envole dans les airs, glisse sur les grillages de protection sur plus de 130 mètres, puis s'écrase contre un mur de pneus, se disloque, rebondit et va s'immobiliser dans un bac à sable.

"C'était vraiment un gros choc, expliquait Villeneuve après l'arrivée de la course. En fait une succession de plusieurs chocs. Heureusement que les voitures sont solides aujourd'hui. La cellule de survie m'a sauvé. Mais j'ai appris qu'un commissaire était mort. Ca fait beaucoup".

"Je ne mets pas la faute de cet accident sur Ralf Schumacher, reprenait le Québécois. Mais quand j'ai décidé de le dépasser, de déboiter, c'est là qu'il a ralenti. Et pour moi, c'était trop tôt. Mais bon, si c'est là qu'il estimait devoir freiner pour sa voiture...."

"J'étais à l'intérieur de la piste et essayais de ne pas changer de ligne, expliquait, quant à lui, Ralf Schumacher. J'ai freiné et soudain, j'ai senti un choc violent à l'arrière et j'ai vu Jacques me passer par dessus. J'ai effectué un tête-à-queue en espérant de ne pas heurter quoi que ce soit. Je pense que Jacques s'est surestimé, comme l'an passé au Canada quand, déjà, il m'avait percuté"

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Dimanche, Jacques Villeneuve venait d'être victime de son plus sérieux accident depuis le début de sa carrière. Encore plus spectaculaire que celui de Spa-Francorchamps il y a deux ans, lorsque Villeneuve avait avoué simplement, en rigolant: "c'est mon plus beau crash. A Spa, je n'ai pas eu peur, indiquait le Canadien. C'était un tête-à-queue j'ai vu que j'allais taper le mur. Ca a été un gros choc et basta. Là, une fois que j'étais en l'air, j'ai eu peur de taper de la tête. Soit un arbre, soit le mur de pneus. Là, on peut se faire très mal. C'est tout". Tout est allé très vite. Et pourtant, le pilote estimait le contraire. "Oh ça ne se passe pas si vite que ça,disait-il. Dans ces cas là, on se contracte pour amortir le choc quand ça va taper. Mais les commissaires, eux, ne s'attendent pas à faire quelque chose pour eux. C'est malheureux. Ils sont là pour nous aider et quand il arrive des trucs comme ça, on ne peut pas faire grand-chose".

(AFP)