Les parents de Jules Bianchi ont passé une partie de la matinée de mercredi auprès de leur fils, trois jours après son terrible accident de dimanche au 42e tour du Grand Prix du Japon.

Philippe et Christine Bianchi étaient arrivés lundi soir à l'hôpital de Yokkaichi après 24 heures de voyage en provenance de Nice, la ville natale de Jules dans le sud de la France.

Les médecins de l'établissement ont levé pour eux les restrictions sur les heures de visite afin qu'ils puissent passer le plus de temps possible avec leur fils qui se bat pour sa vie.

Rien n'a filtré de ces moments passés auprès de leur fils Jules, au troisième jour de son hospitalisation dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital japonais.

Mardi soir (heure du Japon) la famille n'avait pas caché la gravité de son état en annonçant un traumatisme cérébral sévère. "Jules a été victime d'une lésion axonale diffuse et se trouve dans un état critique mais stationnaire", avait indiqué les parents dans un communiqué transmis par l'écurie anglo-russe Marussia.

"Jules reste placé en soins intensifs", avec à son chevet le professeur Saillant, président de la Commission médicale de la FIA (NDLR: Fédération internationale de l'automobile) qui s'est occupé de Michael Schumacher, ainsi que le neurochirurgien italien Alessandro Frati, dépêché à la demande de l'écurie Ferrari, avait encore indiqué la famille Bianchi.

Les deux médecins "ont rencontré le personnel médical en charge de Jules afin d'avoir toutes les informations quant à son état de façon à conseiller la famille", indique encore le communiqué.

Derrière le terme médical de "lésion axonale diffuse", c'est-à-dire une lésion de la substance blanche cérébrale, c'est en fait d'une forme sévère de traumatisme cérébral dont souffre le jeune Niçois de 25 ans.

Selon une étude du CHU de Caen en France, datant de 2011, ce genre de pathologie entraîne souvent "d'importantes séquelles physiques et neuro-comportementales".

- Toujours des questions -

Le communiqué des parents de Jules Bianchi confirme donc les propos alarmistes de Matteo Bonciani, le chef de presse de la FIA qui, lundi soir, avait lâché aux journalistes présents à l'hôpital: "Comprenez-bien, c'est très très grave".

Le caractère diffus des lésions pourrait constituer un facteur aggravant. "C'est ennuyeux car cela signifie que les hémorragies touchent l'ensemble des fonctions du cerveau", avait expliqué à l'AFP le professeur Jean-Luc Truelle, ancien chef du service de neurologie de l'hôpital Foch à Suresnes (banlieue parisienne), à l'AFP, en décembre 2013. Il s'exprimait alors au sujet d'un autre pilote de F1, le septuple champion du monde allemand Michael Schumacher, victime la veille d'un accident de ski dans les Alpes françaises.

Et tandis que Jules Bianchi lutte pour la vie, les questions restent nombreuses autour de son accident quand sa Marussia est venue s'encastrer sous un engin élévateur intervenu au large d'une courbe du circuit de Suzuka pour évacuer la Sauber de l'Allemand Sutil, sortie de piste au tour précédent.

- "Vraie faute" selon Prost -

Pourquoi le départ de la course n'a-t-il pas été avancé, pour éviter les pluies diluviennes du typhon Phanfone ? Pourquoi la course n'a-t-elle pas été interrompue plus tôt devant les conditions de course dantesques ? Pourquoi le +safety car+ n'est pas entrée en piste pour faire ralentir les concurrents encore en course dès la sortie de piste de Sutil ? Autant de questions qui appellent encore des réponses circonstanciées.

Pour le quadruple champion du monde français Alain Prost, il y a eu clairement "une vraie faute" de la part des organisateurs de la course: "L'entrée de cette grue sans le régime de la voiture de sécurité est totalement inacceptable. (...) Il y a une faute, ça c'est clair. (...) Il faut simplement la dénoncer", a insisté l'ancien pilote Ferrari.

Au micro de la radio française Europe 1, Alain Prost s'était également interrogé sur ce drapeau vert brandi par un commissaire de course, dans cette même courbe, lors de l'intervention de la grue: normalement le drapeau vert "annonce aux pilotes que la piste est dégagée. Il aurait dû être mis au moins 100 mètres plus loin. (...) C'est une erreur du commissaire", avait-il accusé.