David Coulthard pouvait jubiler dimanche soir à Sao Paulo. Il venait d’obtenir bien plus qu’une simple victoire au Grand Prix du Brésil. Ce succès dépassait le cadre mathématique, les points repris à Michael Schumacher. Après une longue période de règne sans partage, sept poles et six victoires consécutivement, la Scuderia et le triple champion du monde venaient de chuter. Et surtout d’afficher des faiblesses.

Oui, les stratèges de l’équipe italienne ne sont pas infaillibles. Oui, Michael Schumacher n’est pas invincible. Même sous la pluie. «Nous étions sur une stratégie de deux arrêts et j’espérais la pluie. Avec David Coulthard devant moi, je pensais que c’était ma meilleure chance. Dimanche toutefois, cela n’a pas marché. La voiture ne fonctionnait pas comme je le souhaitais. Cela explique mes quelques sorties. Ce qui n’est pas normal pour moi dans ces conditions», admettait l’Allemand, visiblement contrarié.

Cette pluie, McLaren-Mercedes l’avait programmée. «Nous étions certains qu’il pleuvrait et nous avions règlé la voiture en conséquence», notait d’ailleurs Coulthard. Le monde à l’envers. Sans la malchance, un embrayage défaillant Mika Hakkinen aurait, lui aussi, été de la partie.

Au-delà de la victoire du Britannique, du retour en forme de McLaren-Mercedes, le Grand Prix du Brésil avait également montré la montée en puissance de Williams, BMW et Michelin. Ralf Schumacher aux essais, Juan Pablo Montoya en course, une troisième équipe est aujourd’hui en mesure de venir s’immiscer dans la lutte pour le succès. De brouiller les cartes peut-être dans la course au titre mondial.

D’ailleurs, sans la bévue de Jos Verstappen, le Colombien se serait peut-être imposé dès sa troisième course en Formule 1. Mais il était dit que cette épreuve brésilienne réserverait des surprises, des coups de théâtre. Déçu, Juan Pablo Montoya préférait néanmoins insister sur le futur, les espoirs. «Le meilleur est à venir», lâchait le Colombien.

Au plus fort de la domination de Ferrari, Jean Todt, le directeur sportif de la Scuderia, mettait tout le monde en garde contre un optimisme débordant. Réfutait les affirmations selons lesquelles le Championnat était joué. «Nous devons considérer que la lutte en tête n’est plus seulement un duel. Un troisième concurrent est maintenant dans le coup. Il y a maintenant trois moteurs différents, deux manufacturiers de pneumatiques», déclarait le Français dimanche soir.

McLaren-Mercedes et Williams-BMW sont rassurés. Leur travail va dans le bon sens. Ferrari n’est plus seul sur son nuage. «Nous avons encore du travail à faire et nous attendons d’améliorer la voiture tant au niveau châssis que moteur d’ici le Grand Prix de Saint-Marin», révélait Coulthard, impatient d’en découdre à nouveau.

Dimanche soir, personne n’a traîné dans le paddock d’Interlagos noyé sous un violent orage. Dans toutes les équipes on était pressé de quitter Sao Paulo pour l’Europe où une semaine intensive d’essais attend toutes les écuries un peu partout sur le continent, à Jerez, Magny-Cours, Silverstone, Santa Pod et Fiorano. Pour y préparer la bataille d’Imola...