Un groupe d’investisseurs français serait prêt à injecter une somme égale ou supérieure à 40 millions de dollars (44,65 millions d’euros) dans l’écurie française Prost Grand Prix afin de permettre à cette dernière d’être au départ du Championnat du monde de Formule 1 cette saison, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Cette information constitue une lueur d’espoir dans le ciel bien noir de l’équipe française, placée en redressement judiciaire le 22 novembre dernier par le Tribunal de commerce de Versailles (région parisienne) à cause d’une dette s’élevant à 30,5 millions d’euros.

L’administrateur judiciaire du dossier, Me Michel, n’a en effet accordé qu’un ultime et court délai, fixé au 15 janvier, à Alain Prost pour trouver des investisseurs ou un repreneur, à défaut de quoi Prost Grand Prix serait placée en liquidation judiciaire.

Le quadruple champion du monde se plaignait de ne pas avoir de «solution française ». Ses employés avaient même manifesté vendredi devant le ministère français de l’Industrie, à Paris, afin d’exprimer leur inquiétude face à l’avenir de l’entreprise, défendre leur «savoir faire, unique en France » et «vitrine de la haute technologie française ».

Alain Prost semblait confronter à une situation insoluble... jusqu’à jeudi et un premier contact avec des représentants d’un groupe d’investisseurs, composé d’industriels et d’hommes d’affaires français.

«Une étude a été faite et il s’est avéré qu’une équipe de F1 pouvait être un bon investissement », déclare un représentant de ce groupe qui veut, pour l’instant, garder l’anonymat.

Un poste de directeur pour Prost

Ce premier contact avec Prost, «en accord avec l’administrateur Me Michel », insiste l’interlocuteur, doit être suivi d’un autre dans le courant de cette semaine afin de poursuivre les négociations.

Ce groupe d’investisseurs prendrait la majorité de Prost Grand Prix, confierait un poste de directeur sportif au quadruple champion du monde et proposerait également de mettre à la disposition de l’équipe les ressources nécessaires pour développer le management, la communication, le parrainage et le marchandisage.

«Techniquement, cette écurie a du potentiel », reconnaît-on au sein du groupe d’investisseurs.

D’autres repreneurs, étrangers ceux-là, semblent également s’être manifestés pour apurer les dettes de l’écurie française et acquérir Prost Grand Prix pour un euro symbolique.

Dans un cas comme dans l’autre, si la pérennité de l’équipe française pourrait être assurée, il semble qu’Alain Prost, lui, ne devrait pas conserver les commandes de l’écurie française Ligier qu’il avait achetée en février 1997 et rebaptisée Prost Grand Prix. Mais le quadruple champion du monde n’a-t-il pas répété à maintes reprises que «si la survie de l’équipe passait par son départ, il partirait » ?

Si les négociations entre ce groupe d’investisseurs français et Alain Prost aboutissent, on serait alors assurés de voir les monoplaces «bleues », motorisées par le V10 Ferrari 2000, au départ du Grand Prix d’Australie, en ouverture du Championnat du monde 2002, le 3 mars à Melbourne. Réponse le 16 janvier. (AFP)