Michael Schumacher est revenu à sa place, la première, sur la grille de départ du Grand Prix d’Europe, septième épreuve du Championnat du monde, dimanche, «chez lui» au Nurburgring.

Un tour, qu’il qualifiait lui-même de «parfait», avait propulsé l’Allemand en «pole» samedi, la cinquième cette saison, la soixantième de sa carrière, devant Takuma Sato (BAR-Honda), Jarno Trulli (Renault), le récent vainqueur de Monaco, et Kimi Raikkonen (McLaren-Mercedes).

Pour Michael Schumacher, tout rentrait dans l’ordre après une week-end monégasque chaotique. «Je suis surpris après les temps réussis samedi matin, notamment par Button, déclarait le sextuple champion du monde. Je pensais que les performances seraient plus serrées. Mais en revanche, notre pole ne me surprend pas. Je m’attendais à être très compétitif ici.»

Quelques instants plus tôt, en préqualifications, Sato, le Japonais le plus rapide de l’histoire, avait réalisé un temps incroyable (1 min 27 sec 691). Une performance que le pilote nippon ne pouvait pas rééditer en qualifications.

«Après m’être qualifié en troisième position à Barcelone, je voulais absolument être en première ligne ici. J’espère que je pourrai me battre aux avant-postes», se réjouissait Sato.

Jenson Button, sur l’autre BAR-Honda, et Fernando Alonso (Renault), en troisième ligne, Rubens Barrichello (Ferrari) et Juan Pablo Montoya (Williams-BMW) en quatrième, Ralf Schumacher (Williams-BMW) relégué en cinquième au côté d’Olivier Panis (Toyota), Michael Schumacher se plaçait en position favorable pour la course dimanche.

«Avoir seulement quelques jours à attendre avant de recourir est une bonne chose. J’ai oublié ce qui s’est passé à Monaco, indiquait le pilote de la Scuderia. C’est toujours spécial ici. On a une motivation supplémentaire avec tous les fans dans les tribunes et j’espère pouvoir gagner. Je suis confiant.»

S’il est en position favorable, Michael Schumacher devra néanmoins se méfier. Les départs des Renault R24 sont diaboliques. Trulli n’avait-il pas surgi comme un diable de sa boîte pour passer en tête le premier virage à Barcelone ? «J’ai du mal à croire que je suis à cette place. Mes mécanos ont fait un formidable travail pour réparer la voiture après un problème électrique aux essais libres», racontait Trulli avec difficulté, lui qui souffrait d’une extinction de voix.

«La voiture est très stable et je pense que nous pouvons être très compétitifs», ajoutait le vainqueur de Monaco. «Nous sommes constants sur les longs relais en vue de la course», insistait son coéquipier Alonso.

BAR-Honda et Renault fidèles aux avants-postes, McLaren-Mercedes et Raikkonen en légers progrès en dépit d’une nouvelle mésaventure survenue cette fois à David Coulthard (moteur) qui devra partir des stands, les plus déçus samedi soir étaient les pilotes Williams-BMW. Ralf Schumacher et Juan Pablo Montoya, auteurs d’un doublé l’an passé au Nurburgring, paraissaient hors du coup, incapables de pouvoir menacer les voitures de devant, Michael Schumacher et sa Ferrari notamment. «Il semble que nous ne soyons pas assez rapides en ce moment», constatait, amer, le Colombien. «Vraiment, je ne m’attendais pas à être aussi loin sur la grille», admettait le cadet des Schumacher.

S’ils comptent pouvoir «marquer quelques points», les pilotes Williams ont fait leur deuil de la victoire. A moins d’un miracle... qu’il faudrait sans doute aussi pour que les autres adversaires puissent à nouveau empêcher le sextuple champion du monde d’orner son incroyable palmarès d’un succès supplémentaire.