"The Doctor", "Vale", les surnoms sont légions pour celui qui a dominé la première décennie du 21e siècle dans sa discipline. Son palmarès est éloquent avec 89 victoires en MotoGP, un record, 199 podiums, aussi un record, et la plus longue carrière dans la catégorie reine du sport motocycliste.

Il est le seul pilote encore en activité à avoir remporté un titre avec les 500cc deux temps, en 2001, avant que celles-ci ne soient remplacées par des 1000cc quatre temps. Il en a remporté six autres (2002, 2003, 2004, 2005, 2008 et 2009) avec elles, portant à 9 le nombre de titre totaux si l'on compte aussi ceux acquis en 125cc et 250cc.

Il a toutefois dû abandonner ces dernières années le piedestal à Marc Marquez et peine aujourd'hui à accrocher régulièrement le peloton de tête. Faute de résultats, il se voit contraint de quitter l'écurie Yamaha d'usine mais a trouvé refuge au sein de l'écurie satellite du constructeur japonais, SRT, où il disposera d'une machine qui devrait être quasi identique à celle de l'écurie officielle.

Drôle, charmeur mais aussi implacable avec ses adversaires, "Vale" ne s'est pas fait que des amis en quelque 20 ans de carrière au plus haut niveau.

Son compatriote Max Biaggi d'abord, avec qui les relations étaient plus que tendues au début de sa carrière. Et puis l'Espagnol Jorge Lorenzo qui a été son coéquipier chez Yamaha et surtout Marc Marquez, son rival de chez Honda.

Si au début, Rossi acceptait les hommages de Marquez, de 14 ans son cadet, les relations se sont rapidement tendues au fur et à mesure que l'Espagnol raflait tous les titres, jusqu'à une véritable brouille.

Les deux pilotes aux égos surdimensionnés se sont ignorés pendant plusieurs mois après un affrontement particulièrement viril lors du Grand Prix d'Argentine 2018.

Pause pipi 

Ce n'est qu'un an plus tard qu'ils accepteront de se réconcilier, du bout des lèvres, et non sans que l'Italien refuse une première main tendue de l'Espagnol.

Car Rossi n'aime pas qu'on lui manque. Dernier exemple en date, ses déclarations contre le Français Johann Zarco dont la moto devenue folle après un accident en août l'a frôlé dans une série d'impressionnantes cabrioles manquant de peu de le frapper de plein fouet.

Valentino s'était ensuite lâché accusant Zarco de porter la responsabilité de l'accident et de manquer de respect pour ses rivaux.

"Je pense que c'est un super gars mais il vaut mieux être dans son camp", a ensuite constaté, amer, le pilote français.

L'Italien sait aussi se rendre très populaire grâce à ses pitreries. Il arrête ainsi sa moto sur le bord de la piste pour faire une "pause pipi", il se costume après ses victoires avec des perruques délirantes. Le nombre de drapeaux jaunes vif, sa couleur fétiche, ornés de son numéro de course, le 46, qui s'agitent dans les tribunes à chaque course sont là pour en témoigner.

Même à 40 ans passés, il garde l'air d'un lutin avec un visage souriant et des yeux pétillants. Les boucles folles du début de sa carrière qui avaient à un moment fait place à un crâne rasé, sont revenues et son anglais reste très "fleuri" d'expressions italiennes.

Rossi est aussi un véritable professeur pour la petite dizaine de pilotes italiens qu'il accueille au sein de sa "VR46 Academy". S'entrainant avec eux dans son "ranch" de Tavullia, près du circuit de Misano, il les accompagne de la Moto3 jusqu'au MotoGP en passant par la Moto2. Son coéquipier l'an prochain chez Yamaha-SRT, Franco Morbidelli, est l'un d'entre-eux.

Son demi-frère maternel, Luca Marini, âgé de 23 ans, en fait partie et pourrait devenir cette année champion du monde Moto2, prêt à marcher sur les traces de son ainé.