Depuis hier, le futur champion du monde Fernando Alonso et Chanoch Nissany, le pilote le plus lent de l'histoire de la F 1, ont au moins deux points communs: nés avec 18 ans d'écart, ils ont fêté leur anniversaire le même jour et ont tous deux piloté une F 1 dans le cadre d'un Grand Prix. Une expérience unique (du moins, on l'espère!) pour l'Israélien de 42 ans qui a réussi, ce vendredi lors des essais libres, à boucler 8 tours aux commandes de la 3e Minardi avant de se mettre dans le bac à graviers, Paul Stoddart jugeant dès lors que la plaisanterie avait assez duré et prétextant que sa monoplace avait un problème irréparable pour l'après-midi. Un anniversaire pas très heureux donc même s'il restera inoubliable pour ce pilote très occasionnel bouclant sa moins mauvaise ronde à sept secondes de ses équipiers Albers et Doornbos, et le double du meilleur chrono du jour signé par la Toyota du Brésilien Zonta. On imagine difficilement désormais la FIA refuser à quiconque sa superlicence...

De son côté, Fernando Alonso n'a pas fait d'excès hier pour ses 24 ans, ni de vitesse ni autre: «On fera doublement la fête si je gagne dimanche», annonça l'Espagnol resté assez discret lors de deux séances libres dominées comme de coutume par les 3es pilotes avec la McLaren-Mercedes de Wurz puis la Toyota de Zonta. «Ma R 25 et moi apprécions ce parcours où nous pourrons rivaliser à la régulière avec les McLaren. La qualification sera importante. M'élancer le dernier constituera un avantage par rapport à Kimi Raikkonen obligé de partir parmi les premiers.»

Pas question toutefois pour le pilote d'Oviedo de mettre la charrue avant les boeufs: «Non, je ne suis pas encore champion. Que se passerait-il si j'abandonnais ici et en Turquie? Le championnat serait relancé. D'autant que, même si nous évoluons, la McLaren reste en général toujours plus performante. Nos adversaires ont conçu une monoplace très rapide quitte à prendre quelques risques. L'approche de Renault est plus conservatrice. La fiabilité pour nous est primordiale. Dès lors, les ingénieurs ont fait quelques sacrifices sur les plans du châssis ou du moteur pour garantir la régularité...»

Car comme dit ce proverbe anglais: « to finish first, first you have to finish » (pour finir premier il faut d'abord terminer). Kimi Raikkonen l'a déjà appris à ses dépens...

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