Moteurs

Nul Schumacher n'est invincible...

OLIVIER DE WILDE

Publié le - Mis à jour le

ENVOYÉ SPÉCIAL À SILVERSTONE

Depuis deux GP et autant de succès pour Ralf Schumacher, Juan Pablo Montoya se fait voler la vedette par son équipier. Pas de quoi toutefois faire du Colombien un numéro 2 potentiel tels Barrichello ou Coulthard. «Si je gagne ce week-end, on sera à deux victoires chacun en cinq courses, six points entre nous, ce n'est pas grand-chose, rappelle le héros de Bogota au tempérament de feu. J'aurais pu m'imposer en Autriche sans le bris d'un moteur et au Canada sans mon tête-à-queue. Hormis à Monaco où mon V 10 BMW n'aurait sans doute pas tenu un tour de plus, je n'ai pas eu trop de chance cette saison. J'ai également loupé la victoire de ma faute en Australie. Sans ces points bêtement perdus, je pourrais actuellement être dans le sillage direct du leader du championnat.» Au lieu de cela, Monti occupe la 4e place de la hiérarchie, à 17 points de Michael Schumacher, six de son petit frère. «Ralf et moi possédons exactement du même matériel, précise-t-il. Après un début de saison difficile, l'Allemand a reçu un peu plus d'attention du team, histoire de le remotiver, voilà tout. Mais depuis que nos monoplaces sont redevenues gagnantes, on fait jeu égal. Je suis toujours plus rapide que lui. Depuis trois GP, il me devance simplement d'un fifrelin lors du tour unique de qualification. Franchement, il ne m'a battu à la régulière qu'à Magny-Cours. Là, il était très vite. Il a fait un super boulot et pour moi tout n'était pas top...»

Mais n'allez pas imaginer de là que le flamboyant Sud-Américain soit prêt à s'effacer pour favoriser la remontée au championnat de Ralf. «Que les choses soient claires: par le passé, on a déjà demandé deux fois à Ralf de me laisser doubler et il n'a pas obtempéré. Pourquoi dès lors le ferais-je pour lui?» Patrick Head, ingénieur de l'écurie Williams, l'a confirmé: «Les contrats de nos pilotes prévoient que tant qu'ils peuvent encore prétendre au titre, on ne peut leur imposer de consignes.»

«Je n'accepterais de l'aider qu'au cas où je ne serais plus en lice pour la couronne, reprend l'ex-champion de Cart et de F 3000. Et je le ferais pour Williams, pas pour Ralf.»

D'accord pour les politesses dans le paddock où les deux hommes ont enterré la hache de guerre, mais pas sur la piste. On se croirait revenu à la belle époque de Piquet-Mansell. Sauf qu'ici les Williams ne survolent pas la concurrence. Et que leurs pilotes risquent de perdre le titre en se prenant des points. «Le plus important aujourd'hui, c'est le championnat constructeurs. C'est la priorité pour Williams. Même si nous possédons toujours trois points de retard, je parierais sur nous. Ferrari n'est plus assez supérieur pour se permettre d'aligner deux voitures identiques comme l'an dernier. Ils misent de nouveau tout sur leur seul n°1 et Barrichello en fait les frais. Reste qu'aucun Schumacher n'est invincible!»

© Les Sports 2003

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci